MONTRÉAL – Plusieurs groupes ont surtout déploré lundi soir l’absence d’enjeux majeurs lors de la campagne électorale, disant attendre de voir ce que le gouvernement libéral aura à offrir.

La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) a dit accueillir l’élection d’un gouvernement libéral majoritaire avec une «certaine inquiétude», tandis que la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) a déploré un «climat malsain» durant la campagne.

La Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) a estimé que l’éducation supérieure avait à toutes fins pratiques été absente de la campagne électorale.

La FTQ appelle à mettre les différends de côté

La FTQ a déploré un «climat malsain» durant la campagne électorale, invitant les parlementaires à mettre leurs différends de côté et à travailler ensemble afin d’«améliorer le modèle québécois».

À la suite de la confirmation de l’élection d’un gouvernement libéral majoritaire, lundi soir, la FTQ a dit par communiqué souhaiter «vivement» que certains projets de loi mis de côté soient rapidement repris et mis aux voix, prenant comme exemple le projet de loi sur la mort dans la dignité.

L’organisation syndicale a appelé le nouveau gouvernement à «protéger et améliorer» le français comme langue de travail, à «revoir» les redevances minières, à consolider le réseau des centres de la petite enfance (CPE) et à poursuivre les échanges sur les régimes de retraite à prestations déterminées dans le secteur municipal.

Le président Daniel Boyer a ajouté que la «nature distincte» du Québec ne repose pas seulement sur ses «caractéristiques identitaires», comme la langue ou la culture. Il a affirmé qu’elle est «intimement liée» à l’existence de services publics universels et gratuits, à une protection sociale adéquate pour tous et à «ce que l’on appelle le modèle québécois».

Selon M. Boyer, le prochain budget ne doit pas «s’enfoncer dans des politiques d’austérité nocives». Il croit que le gouvernement libéral doit s’attaquer concrètement à la création d’emplois de qualité et à l’exploitation durable des ressources naturelles et énergétiques.

Il ajoute que le prochain gouvernement doit «mettre à son ordre du jour une rémunération compétitive dans le secteur public».

La CSQ craint des politiques d’austérité

La CSQ a dit espérer que Philippe Couillard saura être «le premier ministre de toute la population du Québec et saura reconnaître l’importance des services publics».

Dans un communiqué transmis en fin de soirée, lundi, la CSQ a dit croire «fermement» qu’un gouvernement responsable doit assurer, «voire solidifier», les services publics à la population et «non pas appliquer des politiques d’austérité».

La présidente de la CSQ, Louise Chabot, a réitéré que «le Québec n’a pas un problème de dépenses, mais bien un problème de revenus», auquel il faut s’attaquer.

Parlant des «vraies affaires oubliées» — en référence au slogan du Parti libéral — la CSQ a décrié l’absence de «réelles discussions» en campagne sur l’éducation, la pauvreté, l’environnement et la culture.

Selon l’organisation syndicale, la campagne a donné lieu à des «promesses à la pièce qui ne règlent en rien la situation sociale et économique» du Québec.

La FEUQ appelle à la mise en marche de «consensus»

Le président de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Tierry Morel-Laforce, a dit croire en entrevue, lundi soir, que des «consensus» étaient ressortis des consultations menées par le gouvernement du Parti québécois. Il s’attend à ce que le nouveau gouvernement libéral en tienne compte.

Il a notamment évoqué le financement actuel des universités en fonction du nombre d’étudiants recrutés, qui établit selon lui une concurrence qui se fait au détriment des étudiants.

Environ 18 mois après la défaite des libéraux de Jean Charest dans la foulée du Printemps érable, le PLQ est reporté au pouvoir, et avec une imposante majorité.

M. Morel-Laforce refuse d’y voir quelques constats sur le mouvement étudiant, disant attendre de voir ce que le gouvernement «aura à offrir». Il a souligné que l’éducation supérieure avait à toutes fins pratiques été absente de la campagne électorale.

Concernant les revers électoraux de deux des trois principaux leaders étudiants du printemps de 2012, Léo Bureau-Blouin et Martine Desjardins — ex-présidente de la FEUQ —, tous deux candidats pour le PQ, M. Morel-Laforce n’a pas voulu trop s’avancer. Il a simplement déploré le fait que la jeunesse serait «moins représentée», affirmant que le gouvernement qui a été élu est «assez âgé».

Son organisation évaluera la composition du conseil des ministres afin d’établir sa stratégie d’approche du nouveau gouvernement.

L’UMQ veut des nouvelles sources de revenus pour les municipalités

L’Union des municipalités du Québec (UMQ) a appelé le nouveau gouvernement à respecter des engagements envers le monde municipal, citant la reconnaissance des municipalités comme gouvernement de proximité en adoptant une «Charte des municipalités» et une réelle diversification des sources de revenus municipaux.

L’UMQ a dit aussi souhaiter une loi sur la restructuration des régimes de retraite des employés municipaux et une hausse des investissements dans les infrastructures municipales.

Elle a assuré le chef du PLQ et les candidats élus de sa collaboration dans l’atteinte de ces objectifs, et a convié le prochain ministre des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire aux assises annuelles de l’UMQ à Gatineau, du 21 au 24 mai.

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