QUÉBEC – Après avoir soulevé un tollé, le gouvernement Couillard se ravise et donne le feu vert à l’attribution de nouvelles places en services de garde.

À l’entrée de la réunion hebdomadaire du conseil des ministres, mercredi à Québec, la ministre de la Famille, Francine Charbonneau, a fait savoir que toutes les nouvelles places inscrites au calendrier pour l’année en cours seront créées. Elle a expliqué avoir pris cette décision après avoir reçu du ministère une analyse-express aux conclusions favorables.

«Il y a eu des tableaux, des analyses, des études qui ont été faits, on les a faits rapidement, j’ai rarement travaillé aussi rapidement pour prendre la photo, faire les choses correctement. (…) Le Québec peut se payer, je vais le dire comme ça, ce qui s’en vient cette année», a déclaré la ministre.

Mme Charbonneau avait indiqué il y a quelques jours qu’elle suspendait l’octroi des permis pour les places à 7 $ dans les centres de la petite enfance (CPE) et les garderies subventionnées, le temps de faire un «état des lieux» et d’évaluer la capacité de payer des contribuables. Son cabinet avait évoqué un délai jusqu’au dépôt du budget, le mois prochain.

«Un gel, un moratoire, appelez ça comme vous voulez, moi j’ai dit: j’arrête le tout, je regarde, je suspends, on a pris la photo (et) ça a pris trois jours», a justifié Mme Charbonneau.

Mais les quelques jours de flottement ont plongé dans l’incertitude des parents qui attendaient une place dans une garderie subventionnée et des gestionnaires d’établissement. De nombreux médias ont fait état de leur angoisse.

En point de presse, Mme Charbonneau a avoué que sa décision de mettre les freins sur l’octroi des places avait suscité de l’inquiétude chez les parents.

«On a peut-être mis en place (sic) des inquiétudes, j’en conviens et j’en prends la responsabilité. Les familles du Québec nous ont dit:  »attendez, nous sommes inquiètes ». On s’est mis en marche rapidement, on a fait les choses et ce matin (mercredi) ce qu’on dit, c’est que c’est reparti», a-t-elle expliqué.

Au terme du caucus des députés péquistes, le chef parlementaire par intérim du Parti québécois (PQ), Stéphane Bédard, s’est réjoui du revirement de la situation.

«On a été chanceux, on a été frappé par l’absurde. L’absurde, c’était d’avoir une bâtisse et pas d’enfant dedans», a-t-il dit.

M. Bédard a même invité le gouvernement Couillard à hausser les tarifs de garde plutôt que de retarder les projets.

«Les parents veulent des places et sont prêts à payer un prix plus élevé mais ils n’aiment pas payer le gros prix. La moindre des choses serait de tenir compte de cette réalité», a-t-il fait valoir.

Si le gouvernement libéral décide d’accroître la note des parents, «on va les appuyer», a assuré le leader péquiste.

Dans son dernier budget _ qui n’a pas été adopté _ le gouvernement minoritaire de Pauline Marois prévoyait une augmentation de 7 $ à 9 $ de la contribution parentale d’ici 2015.

Le Parti libéral du Québec (PLQ) a rejeté cette avenue et a promis en campagne électorale de s’en tenir à une simple indexation des tarifs à compter de 2015.

Au total, 28 000 places doivent être créées à terme dans le réseau des services de garde.

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