DARRYL DYCK Misad Shazi. DARRYL DYCK / La Presse Canadienne

OTTAWA – Santé Canada croule sous le grand nombre de demandes de permis pour cultiver de la marijuana à des fins médicales car plusieurs entreprises veulent participer à l’essor prévu de ce secteur.

Le ministère avait déjà reçu 858 demandes à la fin du mois d’avril. En moyenne, près de 25 nouvelles demandes sont acheminées sur une base hebdomadaire.

Parmi ces entreprises, on note des gens qui font pousser de la marijuana dans leur sous-sol, des entrepreneurs ayant une expertise pharmaceutique et même des petites sociétés minières en difficulté.

Santé Canada a radicalement modifié ces règles pour la culture de la marijuana à des fins médicales depuis le 1er avril afin de créer un marché commercial concurrentiel. L’objectif est de passer de plusieurs milliers de petits producteurs à une cinquantaine de plus grandes entreprises expédiant des dizaines de marques de haute qualité.

Les autorités ont commencé à recevoir les demandes de permis il y a un an. En septembre 2013, Santé Canada avait étudié 156 demandes mais leur nombre a triplé à l’arrivée de février et a continué à augmenter de façon importante au cours des trois mois qui ont suivi.

Jusqu’à présent, seulement 13 permis ont été accordés. La liste des détenteurs du permis est disponible sur la site Internet du ministère.

De nouveaux venus sur ce marché se disent frustrés par l’inhabilité de Santé Canada à étudier rapidement leur demande. Ils ont notamment indiqué que leurs investisseurs commençaient à être impatients, et que leurs espaces loués commencent à être poussiéreux.

«Il s’agit d’une bureaucratie assiégée», affirme Umar Syed, président de l’entreprise torontoise CannMart, qui attend patiemment son permis depuis octobre.

«Ils sont aux prises avec une situation à laquelle ils n’étaient pas préparés… il y a quelque chose qui ne fonctionne vraiment pas.»

Les commentaires de M. Syed font écho à ceux d’autres demandeurs, qui n’ont pas voulu s’exprimer de peur de perdre leur droit d’obtenir un permis.

Le nouveau régime de Santé Canada a heurté deux écueils: une injonction prononcée en mars en Colombie-Britannique permet aux utilisateurs de marijuana médicinale accrédités en vertu de l’ancien système de poursuivre la culture personnelle pour l’instant; et deux récents rappels de marijuana médicinale de la part d’entreprises accréditées en vertu du nouveau régime, pour des raisons de qualité.

Une porte-parole de Santé Canada n’a pas répondu directement aux questions sur la capacité du ministère de gérer l’influx massif de demandes de permis.

Le marché potentiel est gigantesque. Santé Canada estime que les ventes de cannabis médicinal atteindront 1,3 milliard $ par année d’ici 2024, avec quelque 450 000 consommateurs enregistrés.

En vertu des vieilles normes, plus de 30 000 patients ont été autorisés à posséder de la marijuana médicinale. Environ 500 000 Canadiens consomment cette drogue à des fins médicales, qu’elle soit acquise légalement ou non, en fonction de projections statistiques datant de 2012.

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