FREDERICTON – Le nouveau programme forestier du gouvernement du Nouveau-Brunswick vise à relancer le secteur forestier provincial, grevé par les fermetures de scieries et les mises à pied.

La stratégie est toutefois grandement critiquée par les écologistes qui craignent les conséquences sur l’environnement et sur les forêts de la Couronne.

Annoncé en mars, ce programme sur 10 ans est un des éléments-clés de la plateforme économique du gouvernement progressiste-conservateur de la province. Celui-ci compte notamment donner aux sociétés forestières l’accès à 3,9 millions de mètres cubes de bois de résineux sur des terres de la Couronne, une hausse de 20 pour cent.

Le chef du Parti vert, David Coon, craint des coupes à blanc, la conversion d’un plus grand nombre de terres en lieux de plantation, une plus grande utilisation d’herbicides et une diminution de la population de la faune.

Les craintes soulevées par M. Coon ont été reprises par des universitaires et des écologistes depuis l’annonce gouvernementale en mars.

Selon le gouvernement, les détracteurs ignorent la situation de crise existant dans le secteur forestier. Au cours de la dernière décennie, près de 40 scieries ont fermé leurs portes, éliminant du même coup 6000 emplois. Le Nouveau-Brunswick est la province canadienne qui dépend le plus des forêts sur le plan du produit intérieur brut.

Le programme a reçu l’appui d’Unifor, le plus important syndicat national, et a entraîné un important afflux d’argent du secteur privé.

Le ministre des Ressources naturelles Paul Robichaud déclare que «quiconque ne voit pas que nous vivons une situation d’urgence ne vit pas dans cette province». Il dit s’attendre à la création de 1200 postes dans le domaine de la construction, en plus de 500 emplois supplémentaires dans l’industrie forestière, alors que les scieries de partout dans la province effectueront des mises à jour pour traiter le surplus de bois.

Pour l’ancien ministre libéral des Ressources naturelles, Donald Arseneault, le gouvernement agit de façon irresponsable en augmentant la superficie des zones de coupe avant de déterminer exactement la provenance de ce nouveau bois.

«Le seul objectif du gouvernement est d’offrir autant de bois que nécessaire à l’industrie, sans savoir si ce geste est durable sur le plan environnemental.»

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