QUÉBEC – La centrale au gaz de Bécancour, qui a coûté environ un milliard de dollars à Hydro-Québec sans avoir jamais produit un kilowattheure, pourrait se mettre enfin à fonctionner.

La société d’État envisage de s’en servir au cours des périodes de grand froid, au lieu de continuer à payer un dédommagement d’environ 150 millions $ par an à l’entreprise propriétaire, TransCanada Énergie, sans rien obtenir en retour.

Cette centrale de 550 mégawatts a été construite en 2004 et Hydro-Québec s’était engagée à acheter l’électricité produite. Mais en raison de ses excédents d’énergie déjà trop importants, Hydro ne l’exploite pas depuis 2008 et doit donc dédommager son propriétaire. Le contrat d’approvisionnement est d’une durée de 20 ans et a été signé en 2003.

Comparaissant devant des députés, lundi, le président d’Hydro-Québec, Thierry Vandal, a en effet fait savoir que la société d’État songe actuellement à des scénarios d’utilisation, même si la situation des surplus d’électricité est appelée à durer, selon ses propos.

«On est en train de regarder avec le propriétaire si des aménagements pouvaient être faits pour utiliser la centrale sur un nombre limité d’heures en période de pointe d’hiver, a-t-il expliqué en commission parlementaire sur l’étude des crédits du ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles. Car nous n’avons pas besoin de cette énergie-là 365 jours par année, à l’évidence, on a des surplus. Mais cette centrale pourrait peut-être être utile 100 heures dans l’hiver, dans des moments où il y a vraiment une fine pointe, où les éoliennes ne tournent pas de façon fiable.»

De cette façon, les équipements pourraient être utilisés dans le bilan de puissance d’Hydro, a-t-il poursuivi.

Il répondait aux questions du député péquiste Bernard Drainville, qui rappelait que les pénalités coûtaient de 150 à 200 millions $ par année. «C’est énorme, un très mauvais contrat. (…) Avec le recul, cela s’avère être une très mauvaise affaire. Y a-t-il moyen de se sortir de ce contrat?»

Le pdg d’Hydro a tenu à indiquer que dans la gestion des surplus, il valait mieux ne pas exploiter la centrale actuellement en raison de la structure de coûts. Ainsi, Hydro doit seulement assumer 3 cents le KW/h de frais fixes, et n’a pas à payer les frais variables, liés au coût du gaz, de 4 cents le KW/h, tandis qu’avec l’éolien, le coût fixe est de 10 cents le KW/h, sans coût variable.

Aussi dans National :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!