VANCOUVER – Lorsqu’un grand nombre de magazines et de quotidiens ont publié la photo, prise par un astronaute, de la Terre flottant au-dessus de la Lune en janvier 1969, l’image a précipité l’arrivée d’une nouvelle ère de conscience planétaire.

Le monde a alors compris que nous étions une petite société unie partageant un grand terrain de jeu.

Aujourd’hui, un homme de 41 ans de Vancouver armé d’un ordinateur portable, d’une série de photos captées par des télescopes spatiaux et d’une passion vieille de 15 ans pour l’espace tente de cartographier notre partie de l’univers afin de provoquer la même réaction, mais cette fois à l’échelle galactique.

Matt Mazur a créé un simulateur d’univers qui projette une représentation tridimensionnelle du voisinage galactique de la Terre sur deux grands écrans blancs, donnant à n’importe quel utilisateur la capacité de se déplacer bien au-delà de notre système solaire à l’aide d’un appareil captant les mouvements des mains.

«Il est difficile de penser à quelque chose avant que vous ne puissiez le visualiser», affirme M. Mazur, rappelant que les gens ayant vécu il y a des milliers d’années croyaient que la Terre était une grande zone plate puisqu’ils ne disposaient pas des outils nécessaires pour voir la planète comme une sphère suspendue dans l’espace. «Je crois que la conscience globale est une étape importante. La prochaine étape logique est la conscience galactique.»

«Certaines personnes pourraient dire que l’idée est trop ancrée dans la science-fiction, mais vous devez commencer quelque part. La conscience galactique pourrait nécessiter du temps avant de trouver des adeptes, mais tout cela s’inscrit dans le cadre d’un processus.»

Le jour, cet ancien programmeur formé en informatique et en interactivité multimédia anime des publicités pour YouTube. Le soir venu, cependant, il fouille le cyberespace pour y dénicher des photos en haute définition de systèmes solaires. L’homme a déjà fabriqué un montage de 64 galaxies et procède au catalogage de 50 autres, alors qu’il classe les galaxies les plus brillantes de la région appelée Superamas de la Vierge. Il espère éventuellement se rendre à 250 galaxies, soit 1/38 millionième de l’univers visible.

Le projet a été baptisé «Multiverse».

M. Mazur, qui endosse également le pseudonyme VJ Elfmaster lors de spectacles d’arts visuels, présente son idée dans divers endroits de la Colombie-Britannique. «Je crois que tout ce qui fait s’exclamer les gens, qui nourrit leur imagination, qui leur fait regarder le ciel, penser à notre place dans l’univers, vaut son pesant d’or», estime Jennifer Kirkey, une spécialiste de la physique et de l’astronomie au Douglas College de New Westminster, en Colombie-Britannique.

L’espèce humaine tirera avantage de se faire rappeler que nous sommes tous à bord de la «planète Bleue», indique Mme Kirkey, qui a eu l’occasion d’observer le simulateur de M. Mazur le mois dernier à Vancouver. «Pour moi, c’est bien plus qu’un jouet.»

Son créateur voit d’ailleurs son oeuvre comme un instrument éducatif combinant le plaisir des jeux vidéo contrôlés par la gestuelle à la magie artistique du contenu conçu par ordinateur.

L’homme espère rendre l’éducation à l’espace accessible autant aux jeunes qu’aux étudiants universitaires, puisqu’il croit que l’avenir de l’humanité se trouve à des années-lumière de notre planète. «Ou nous allons nous anéantir d’ici les 100 prochaines années, ou nous allons trouver quelque chose… et l’espace jouera alors un rôle essentiel», dit-il.

Il est donc crucial, pour lui, que les gens commencent à accepter l’espace comme une réalité viable. «Et, selon le point de vue d’un enfant, j’espère que le projet les inspirera, pour qu’ils puissent grandir et désirent vraiment devenir des ingénieurs pour pouvoir construire des vaisseaux spatiaux.» À ses yeux, les compressions imposées à la NASA par le gouvernement américain sont «un vol touchant l’avenir de la planète».

Les images de Multiverse proviennent majoritairement du télescope spatial Hubble de la NASA et de l’Agence spatiale européenne. M. Mazur souhaite offrir le panorama le plus complet possible de l’univers, dans l’espoir qu’une masse critique de projets du genre pousse la société à adopter l’espace comme un futur lieu de résidence plausible au sein d’une communauté galactique.

Certaines personnes pourraient s’opposer à des idées aussi audacieuses, croit-il, mais dans sa tête, il est évident que la vie et l’intelligence existent dans le cosmos. «Il est temps pour nous de grandir, et de passer à autre chose après nos années d’adolescence sur Terre.»

«Allons de l’avant avec ce programme et réalisons qu’il y a bien plus, là-bas, que ce que nous faisons ici. Peut-être devrions-nous arrêter de nous entretuer et plutôt joindre nos forces pour travailler sur des projets communs. Parce que le monde et l’univers sont bien plus grands que ce vous voyez à la télévision.»

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