Trevor Hagan / La Presse Canadienne

CHARLOTTETOWN – Le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall, se demande pendant combien de temps un gouvernement, quel qu’il soit, peut ignorer quelque chose comme le meurtre d’une adolescente autochtone de 15 ans avant de tenter de trouver des solutions pour éviter de telles tragédies.

Le corps de Tina Fontaine, enveloppé dans un sac, a été retrouvé plus tôt ce mois-ci dans la rivière Rouge, à Winnipeg. Sa mort a relancé les appels en faveur d’une enquête publique sur le grand nombre de disparition et de meurtres touchant les femmes des Premières Nations. M. Wall affirme que les gouvernements provinciaux et les chefs autochtones appuient ce mouvement, même si le gouvernement fédéral refuse d’aller de l’avant.

Selon le premier ministre saskatchewanais, le temps est venu d’ouvrir une enquête publique, malgré le refus du gouvernement conservateur.

Dans une entrevue accordée lundi à La Presse Canadienne, M. Wall affirme que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) aurait donné son accord de principe à une telle démarche. M. Wall se demande pendant encore combien de temps on peut ignorer «ce genre de chose» avant que «toute question possible» soit posée afin d’éviter de tels drames.

En mai, la GRC a publié une analyse détaillée de 1181 cas survenus depuis 1980. Le document indique que les femmes autochtones représentaient 4,3% de la population du pays, mais 16 pour cent des meurtres de femmes, et 11,3% des femmes enlevées.

En Saskatchewan, les femmes autochtones comptent pour 55% des victimes d’homicide — le plus haut taux au pays. Au total, 153 femmes autochtones ont été assassinées dans cette province de 1980 à 2012, selon le rapport de la GRC.

Le gouvernement fédéral rejette vivement l’idée d’une enquête, disant préférer des programmes de justice pour les Premières Nations et la mise sur pied d’une base de données ADN sur les personnes disparues.

Selon le premier ministre Stephen Harper, la plupart des cas, dont celui de Tina Fontaine, sont étudiés et résolus par la police. Il a ajouté qu’il était important de se rappeler que la mort de l’adolescente était un crime et non un «phénomène sociologique».

La question sera à l’ordre du jour lorsque les premiers ministres provinciaux et les leaders autochtones tiendront leur réunion annuelle cette semaine à l’Île-du-Prince-Édouard.

«Il y aura un appel en faveur d’une enquête, et il semble que le gouvernement fédéral ne fait que dire « non », alors je ne suis pas sûr qu’il y aura des progrès dans ce domaine, mais les discussions sont toujours utiles», a indiqué M. Wall.

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