Le Conseil de la souveraineté du Québec (CSQ) compte amorcer une campagne permanente pour le projet d’indépendance du Québec dès janvier, et ce, pour les quatre prochaines années.

L’organisme, dont le nom changera pour Organisations unies pour l’indépendance (O.U.I.), a élaboré une série de propositions au cours du rassemblement d’indépendantistes «destiNation» qui se tenait cette fin de semaine. Celles-ci devraient mener à l’adoption d’un plan d’action pour l’indépendance au cours de leur assemblée générale en novembre prochain.

Ce plan, qui sera piloté par le CSQ, fait notamment part de la nécessité de mettre sur pied une campagne destinée à faire la promotion du projet indépendantiste de manière constante.

«Ça ne s’est pas fait depuis le référendum de 1995, ce qui explique largement un petit recul dans l’option publique [de l’appui à l’indépendance]», a indiqué à Métro Gilbert Paquette, président du CSQ.

«Avec le temps, moins on en parle [de l’indépendance] moins on l’aime; moins on l’aime, moins on veut en parler» -Gilbert Paquette, président du Conseil de la souveraineté du Québec (CSQ), qui espère amener la population à parler davantage du projet d’indépendance du Québec.

Cette campagne permanente ferait naître des coalitions dans chacune des régions du Québec qui réaliseront du travail de terrain, soit par du porte-à-porte ou des prises de position sur des événements d’actualité. Certaines coalitions sont déjà sur pied, mais le CSQ compte bonifier ce nombre. «On ne veut pas aller voir les citoyens pour avoir leur vote, mais pour leur parler de citoyen à citoyen sur la nécessité qu’on se donne un pays», soutient M. Paquette qui espère que cette mobilisation pourra se concrétiser en un plus fort appui à la souveraineté à la prochaine élection provinciale et «un effet de convergence des partis politiques».

Le réseau Cap sur l’indépendance va coordonner dès le mois d’octobre l’Opération Bélier, une campagne nationale de porte-à-porte pour promouvoir le projet d’indépendance.

«On a oublié d’en parler [du projet d’indépendance], même dans les familles. Qui parle d’indépendance à son adolescent? Je pense que c’est minime», affirme Martine Desjardins, animatrice de l’événement «destiNation», qui espère ramener le sujet dans le débat public.

Mme Desjardins estime que la mobilisation autour du sujet de l’indépendance doit maintenant venir d’un mouvement citoyen. «Il ne faut pas attendre que les partis politiques en parlent, on risque d’attendre longtemps. Le plan d’action sur l’indépendance permet aux gens de se mobiliser et cette mobilisation pourrait forcer les partis à en parler», explique-t-elle.

Martine Desjardins

Alors que la défaite du dernier référendum en Écosse n’a pas démoralisé les troupes, selon Mme Desjardins, le mouvement pourrait même s’inspirer de cette mobilisation outre-Atlantique. «En Écosse, le mouvement a été lancé par [le premier ministre, Alex] Salmond, mais il a été complètement dépassé par la mobilisation citoyenne», fait valoir Martine Desjardins.

Elle croit également que pour que le mouvement québécois puisse rallier davantage les jeunes, le discours devra se concentrer sur les conséquences concrètes du projet. «Sur la question de l’environnement, par exemple, on dit qu’on veut un Québec plus vert…mais qu’est-ce que ça veut dire? Je pense que la majorité des jeunes sont moins impressionnés par la forme, mais plus par ce qu’il se passe, ce qui en découler», affirme l’ex-leader étudiante.

Par cette campagne permanente étudiée par le CSQ, M. Paquette compte également rallier certains organismes qui se sont désintéressés du mouvement souverainiste, selon lui. «La Fédération des femmes du Québec était membre des partenaires pour la souveraineté au référendum de 1995. Maintenant, ils se sont concentrés sur d’autres préoccupations, parce qu’il n’y a pas eu de soutien des indépendantistes, et du Parti québécois en particulier, à la promotion de l’indépendance», regrette M. Paquette qui ajoute que les revendications de ces organismes ne peuvent pas se réaliser si le Québec reste une province.

Une vidéo de Jacques Parizeau a été diffusée lors de l’événement. La voici:

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