OTTAWA – Ottawa a condamné vendredi les propos tenus par le président et chef de la direction du Canadien Pacifique (CP), selon qui les organismes de réglementation ont réagi de façon «démesurée» à la tragédie ferroviaire de Lac-Mégantic.

Le dirigeant de la société ferroviaire, Hunter Harrison, a déclaré jeudi que l’accident était dû à la négligence «d’un individu qui n’a pas appliqué les freins correctement» et que la réglementation ne pouvait «faire cesser (de tels) comportements».

Il faisait référence au conducteur Thomas Harding, à qui le Bureau de la sécurité des transports (BST) du Canada a reproché dans un rapport publié le 19 août d’avoir actionné un nombre insuffisant de freins à main sur le convoi qui a déraillé et explosé à Lac-Mégantic.

Le même rapport concluait cependant aussi qu’Ottawa avait échoué à son mandat d’assurer la sécurité de la population canadienne en laissant une entreprise ferroviaire délinquante — la Montreal, Maine & Atlantic Railway (MMA) — mener ses activités sans supervision adéquate sur son territoire.

Invité par le Nouveau Parti démocratique (NPD) à commenter ces déclarations aux Communes, le secrétaire parlementaire de la ministre des Transports, Lisa Raitt, a déclaré que celles-ci étaient «décevantes».

Le gouvernement est «évidemment en désaccord» avec les propos de M. Harrison, a soutenu Jeff Waston avant d’énumérer les correctifs apportés par Transports Canada depuis la catastrophe.

Le ministère a notamment ordonné le retrait immédiat de 5000 vieux modèles de wagons-citernes DOT-111 — comme ceux qui composaient le convoi de la MMA — et exigé que tous ceux construits avant la nouvelle norme de janvier 2014 soient retirés ou modernisés d’ici trois ans.

Et les sociétés ferroviaires qui refusent de se conformer aux règles auront droit à des «pénalités sévères» que le gouvernement «n’hésitera pas à appliquer», a assuré M. Watson.

Le déraillement et l’explosion du convoi de la MMA ont fauché 47 vies à Lac-Mégantic dans la nuit du 6 juillet 2013.

Le conducteur Thomas Harding et deux de ses camarades de travail font face à 47 chefs d’accusation de négligence criminelle ayant causé la mort.

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