Les TCA réclament l'intervention des gouvernements
TORONTO – Le syndicat des Travailleurs canadiens de l’automobile (TCA) demande aux gouvernements fédéral et provinciaux d’établir ensemble de nouvelles politiques visant à protéger et à revigorer l’industrie automobile au pays, notamment à l’aide de nouvelles politiques commerciales et d’initiatives pour contrer la robustesse du huard.
Les TCA demandent que le Canada cesse toutes négociations de libre-échange avec les principaux pays ayant une industrie automobile comme l’Union européenne, le Japon, la Corée du Sud et la Thaïlande — une mesure qui irait à l’encontre des récentes initiatives du gouvernement Harper.
Le rapport de 50 pages publié par l’organisation affirme que l’industrie automobile canadienne a dû traverser de nombreuses perturbations depuis des années, pendant les constructeurs ont «un pouvoir et une liberté totale» en raison du laxisme des règles gouvernementales.
«Le Canada compte parmi les seules juridictions productrices d’automobiles à ne pas avoir de politique automobile nationale formelle. C’est une grande faiblesse, a lancé lors d’une conférence de presse lundi à Toronto le président des TCA, Ken Lewenza. Plusieurs des principales usines automobiles du Canada feront face à des décisions d’investissements cruciales au cours des prochaines années. En tant que pays, nous avons besoin de ces investissements, autrement notre industrie va fondre.»
Le rapport a été publié au moment où les TCA s’apprêtent à organiser des rencontres dans huit villes de l’Ontario, où l’essentiel de l’industrie automobile canadienne est concentré.
Le syndicat compte s’intéresser aux améliorations apportées au secteur automobile depuis que deux des trois grands constructeurs de Détroit ont frôlé la faillite, il y a trois ans.
Les TCA ont pointé du doigt les politiques commerciales déséquilibrées qui favorisent les importations au détriment des exportations avec tous les pays à l’exception des États-Unis. Le rapport ajoute que les décideurs devraient s’attaquer à résoudre un déséquilibre économique dramatique de plus en plus prononcé dans le domaine des échanges commerciaux internationaux de produits automobiles.
Le syndicat souhaite que la devise canadienne soit rabaissée à une «valeur juste». La Banque du Canada pourrait intervenir ou le gouvernement pourrait empêcher toute prise de contrôle des ressources naturelles par des sociétés étrangères, estiment les TCA.
«Si, en théorie, le système financier global repose sur la libre fluctuation des monnaies, en pratique, les gouvernements et leurs banques centrales interviennent régulièrement sur les marchés des changes», précise le document.
Le système bancaire chinois est géré par l’État, rappelle l’étude, tandis que des pays comme le Japon, le Brésil et la Suisse interviennent régulièrement pour gérer leurs taux de change.