SYDNEY, N.-É. – Un ancien député néo-écossais a été condamné jeudi à neuf mois de prison pour avoir fraudé près de 61 000 $ dans le cadre du scandale des dépenses touchant la législature de la province.

Dave Wilson, qui a plaidé coupable en septembre dernier de fraude, de bris de confiance et de production de faux documents, a également reçu l’ordre de rembourser le Trésor public.

Lors du prononcé de la peine, l’homme a déclaré être honteux, et a reconnu qu’il avait causé du tort aux autres.

La Couronne a indiqué en cour que Wilson avait fraudé le gouvernement de Nouvelle-Écosse d’un montant de 60 995 $ de janvier 2006 à décembre 2009 en affirmant de façon erronée avoir payé cinq personnes pour effectuer du travail dans sa circonscription, alors qu’il a plutôt déposé l’argent dans son propre compte.

L’avocat de la Couronne Andrew Macdonald a déclaré que Wilson avait demandé de façon répétée à des employés et des individus travaillant à contrat de signer des reçus vierges pour de l’argent qu’ils n’ont pas reçu.

Le juge Peter Ross a estimé que Wilson avait utilisé son poste pour profiter de la confiance du public.

Le fils de l’ancien politicien a témoigné plus tôt dans la journée, affirmant que la dépendance de son père au jeu l’avait poussé à commettre ses crimes.

«Il m’a dit: « J’ai un problème de jeu qui m’a englouti et qui m’a consumé », a déclaré Jonathan Wilson. Je n’ai jamais entendu parler mon père avec une telle émotion. Je ne l’ai jamais entendu parler comme ça.»

Le juge Ross a dit que bien qu’il croyait que Wilson éprouvait véritablement des regrets pour ses gestes, il devait y avoir des conséquences pour ce qu’il a fait.

«M. Wilson n’est pas dénué de responsabilité morale pour son comportement.»

Le magistrat a également condamné Wilson à 18 mois de probation après sa peine d’emprisonnement, pendant laquelle il ne pourra consommer de l’alcool ou se rendre dans un établissement de jeu.

M. Wilson, qui a déjà été le président du caucus libéral, a été élu pour la première fois en 1999 dans la circonscription de Glace Bay, à Cape Breton, mais il a abruptement quitté la politique en 2010.

L’ancien travailleur du secteur de la télédiffusion, qui est l’un des quatre politiciens accusés l’an dernier après une enquête policière sur les dépenses de circonscription, devra aussi rembourser les sommes dérobées.

L’enquête de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a débuté après que le vérificateur général de la province Jacques Lapointe eut découvert plusieurs cas de ce qu’il a qualifié de dépense excessive ou inappropriée des fonds octroyés.

Le rapport de M. Lapointe, publié en février 2010, a déclenché la colère de la population en révélant que des milliers de dollars de fonds publics avaient été dépensés sur une série d’objets tels que des génératrices, des télévisions, des meubles, des ordinateurs portables et des appareils photo.

Un mois plus tard, Wilson a démissionné sans explication, indiquant simplement qu’il ne pouvait plus accomplir ses tâches.

Le prononcé de sa peine survient une semaine après que Richard Hurlburt, un ancien ministre conservateur, eut plaidé coupable à des accusations de fraude et de bris de confiance. Il reviendra à la Cour suprême de la province le 5 juillet pour le prononcé de sa sentence.

Russell MacKinnon, un ancien ministre libéral accusé de fraude, de bris de confiance et de fabrication de faux documents, doit revenir au tribunal la semaine prochaine pour une rencontre précédant son procès; la date de son procès devant juge seul sera déterminée le 3 mai.

Une audience préliminaire doit débuter le 11 juin pour Trevor Zinck, un ancien néo-démocrate qui siège désormais comme indépendant. Il est accusé de fraude de plus de 5000 $, de bris de confiance et deux cas de vol de plus de 5000 $.

Le scandale néo-écossais des dépenses de circonscription survient environ cinq ans après celui qui a éclaté à Terre-Neuve-et-Labrador. Dans cette province, quatre politiciens, un haut fonctionnaire et un homme d’affaires ont été emprisonnés.

Le gouvernement néo-démocrate de Nouvelle-Écosse a mis en place des changements au système d’allocations pour les circonscriptions, tel que l’affichage public des dépenses des politiciens.

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