Sean Kilpatrick Bruce Hyer. Sean Kilpatrick / La Presse Canadienne

OTTAWA – Le leadership du tout nouveau chef néo-démocrate Thomas Mulcair est soumis à un premier test, alors qu’un député quitte le navire pour siéger comme indépendant à la Chambre des communes.

L’Ontarien Bruce Hyer, l’un des deux députés néo-démocrates qui avaient brisé la ligne de parti pour voter en faveur de l’abolition du registre des armes d’épaule, a annoncé lundi qu’il allait siéger comme indépendant.

Sur son site Internet personnel, le député de Thunder Bay—Superior-Nord s’en prend particulièrement à ce principe de ligne de parti afin de justifier sa défection.

«Au lieu de la coopération et du compromis, les électeurs voient souvent une bête solidarité, où les partis politiques ont toujours raison et les électeurs ont toujours tort», écrit-il.

De façon générale, les électeurs du nord de l’Ontario sont fermement opposés à l’enregistrement de leurs armes de chasse. Or, signale M. Hyer, le nouveau chef a déjà indiqué qu’il pourrait reconstituer le registre si le Nouveau Parti démocratique (NPD) était porté au pouvoir, et qu’il imposerait la ligne de parti lors d’un éventuel vote sur le sujet.

Parmi les autres raisons qu’il cite pour expliquer son départ, M. Hyer se dit préoccupé par le fait que Thomas Mulcair ne semble pas enclin à travailler avec les autres partis à Ottawa. Il déplore par ailleurs le peu de compromis possible pour les partis au sujet des changements climatiques, entre un système de plafonnement et échange et la simple inaction.

«En tant que voix indépendante, je serai davantage en mesure de représenter mes électeurs au Parlement», conclut-il.

Pas de poste

M. Hyer n’a obtenu aucune fonction de porte-parole dans le cabinet fantôme du NPD que M. Mulcair a dévoilé vendredi. «Être exclu de tout poste constituait un message clair que mes commettants seront muselés», se plaint-il sur son site.

La chose n’est pas si simple pour M. Mulcair.

À la sortie de la période des questions, le chef de l’opposition a signalé que M. Hyer lui avait déjà signifié par écrit qu’il ne considérait pas que les députés devraient avoir l’obligation de suivre les décisions du parti.

«Soyons clairs: je ne pouvais pas nommer quelqu’un à un poste dans un cabinet fantôme s’il me dit d’avance qu’il ne se sent pas lié par les décisions du groupe. Ce n’est pas possible de travailler comme ça», a expliqué M. Mulcair.

L’autre député qui avait voté avec les conservateurs sur l’abolition du registre, John Rafferty, s’était lui vu offrir le poste de porte-parole sur les questions liées au développement économique du Nord de l’Ontario. Dans un bref communiqué, M. Rafferty a qualifié la décision de M. Hyer de quitter le caucus néo-démocrate «d’énorme erreur».

Les autres partis aux Communes n’ont cependant pas manqué de tenter de tourner la situation à leur avantage.

«Je ne pense pas que c’était inattendu, mais je pense que ça démontre qu’un seul parti représente les Canadiens du nord rural, les chasseurs et les tireurs sportifs qui se conforment à la loi», a lancé le ministre de la Sécurité publique, Vic Toews.

Quant au libéral Denis Coderre, il estime que cet épisode prouve que «la lune de miel est finie» entre M. Mulcair et ses troupes.

Il reste 101 députés néo-démocrates aux Communes, soit deux de moins qu’après les élections générales de 2 mai 2011. La députée Lise St-Denis est en effet allée rejoindre les rangs des libéraux lorsque Nycole Turmel était encore chef intérimaire, indiquant que les orientations du parti de Bob Rae correspondaient davantage à ses opinions.

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