OTTAWA – Les diverses régions du pays sont en bonne posture pour profiter de la hausse de la demande mondiale pour les biens et produits de base, estime le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney.

Lors du petit-déjeuner du maire organisé à Ottawa vendredi, M. Carney a expliqué que la demande pour les ressources naturelles canadiennes allait demeurer élevée au cours des prochaines années en raison de la croissance économique des pays en développement.

Il a toutefois spécifié que la situation ne devait pas seulement profiter à l’ouest du pays, où les ressources pétrolières du Canada, entre autres, se trouvent.

M. Carney croit que le développement durable et intelligent des ressources, combiné avec la valeur ajoutée, pourrait permettre à toutes les provinces de se partager les retombées.

«Dans un monde où les prix des produits de base sont appelés à augmenter, il est de loin préférable de posséder ses propres produits de base», a rappelé M. Carney.

À plusieurs reprises au cours des dernières semaines, M. Carney a évoqué un «élargissement» et un «approfondissement» des produits de base du Canada, mais la présentation de vendredi, devant une audience d’environ 300 personnes, aura été son allocution la plus élaborée à ce sujet.

Il avait affirmé lors de son passage devant un comité sénatorial, mercredi, que dans la plupart des cas, la clé pour assurer au Canada une position qui permettra de récolter les profits des prix élevés des produits de base était le secteur privé. Mais il a aussi semblé offrir un avertissement aux gouvernements avec sa défense d’un développement durable, les incitant à ne pas négliger l’importance de l’économie verte.

«Le développement durable exige bien sûr une série de réglementations environnementales appropriées. Ce sont des décisions qui relèvent des gouvernements fédéral et provinciaux.»

Il a déclaré aux maires que le potentiel du rendement énergétique et de la technologie pouvant être exportés du Canada vers les pays émergents était immense. M. Carney a ajouté que les fabricants de l’Est pourraient profiter du développement des ressources du pays, en ce qui concerne les infrastructures et de la production.

«Nos calculs nous permettent de conclure qu’environ 85 pour cent des occasions de production énergétique — qui se chiffrent entre 3 et 5 milliards $ au cours des prochaines décennies —, sont issues des marchés émergents», a plaidé M. Carney.

Les États-Unis et l’Europe seront assujettis à des problèmes d’endettement, estime-t-il, et cette tendance devrait inciter les entreprises canadiennes à s’intéresser encore davantage à ce type de marchés.

Elles investissent encore trop dans les pays industrialisés, exportant 85 pour cent de leurs produits à une économie qui croît faiblement, contre 8,0 pour cent aux pays émergents, où la croissance est fulgurante, a poursuivi M. Carney.

Il a également rappelé que le système d’imposition canadien permettait de redistribuer la richesse depuis les régions exportatrices vers le reste du Canada.

Quant aux perspectives économiques actuelles, M. Carney a réaffirmé que le taux de croissance du Canada — cette année et l’année prochaine —, serait de 2,4 pour cent, bien qu’un certain risque demeure. Il a ajouté que tous s’attendaient à ce que l’Europe émerge de sa double récession dans la deuxième moitié de 2012, mais que la reprise serait longue et lente. La situation s’améliore légèrement aux États-Unis, a indiqué M. Carney, mais sa reprise sera la plus faible depuis l’épisode de la grande dépression, puisqu’il faudra encore des années à reconstruire le secteur immobilier.

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