MONTRÉAL – Air Canada pourrait finalement être en voie de s’assurer une paix relative dans ses relations de travail, alors que le transporteur attend la désignation par le fédéral d’arbitres pour reprendre ses négociations avec deux des plus importants groupes de syndiqués.

Le transporteur établi à Montréal a indiqué vendredi que dix journées de négociations étaient prévues avec le syndicat représentant ses 8600 mécaniciens, bagagistes et agents de fret.

Cela survient une semaine après une annonce similaire concernant ses 3000 pilotes.

Néanmoins, les pourparlers ne peuvent pas s’amorcer avant la désignation d’arbitres par la ministre fédérale du Travail, Lisa Raitt. Son bureau a indiqué que ces désignations pourraient être faites dans les prochains jours.

Le plus important transporteur aérien au pays et les deux syndicats ont dit qu’ils ne formuleraient aucun autre commentaire au cours de ces négociations.

Le renvoi du conflit par la ministre Lisa Raitt devant le Conseil canadien des relations industrielles a empêché le mois dernier tout arrêt de travail des machinistes ou lock-out par le transporteur.

Le gouvernement fédéral a passé par la suite une loi de retour au travail ayant entraîné l’entreprise et les deux syndicats dans un processus d’arbitrage contraignant, bien que la ministre ait répété qu’il serait souhaitable que les parties en arrivent à un accord négocié.

Des observateurs de l’industrie ont soutenu que la reprise des pourparlers était attendue car aucune des parties ne veut remettre son sort entre les mains d’arbitres dans un processus de sélection de propositions finales.

«Il ne s’agit que d’une autre étape de plus dans un processus extrêmement douloureux», a estimé David Tyreman, de la firme d’investissement Canaccord Genuity.

En dépit d’enjeux particuliers tels que le lancement d’un transporteur à bas prix, l’analyste affirme que la tendance pour les relations de travail a été établie l’année dernière avec les agents du service à la clientèle et les agents de bord.

Selon ce précédent, les salaires augmenteraient d’environ deux à trois pour cent par année, tandis qu’un système hybride de régimes de retraite serait instauré pour les nouveaux employés.

«La réalité est qu’il n’y a simplement plus d’argent chez Air Canada pour offrir davantage que cela», a fait valoir M. Tyreman lors d’un entretien.

Tout de même, le transporteur a fait savoir jeudi que son bénéfice ajusté pour le premier trimestre devrait s’établir entre 170 et 180 millions $, bien au-dessus des attentes des analystes, à environ 125 millions $.

Bien que ces perspectives soient positives, Air Canada devrait néanmoins afficher une perte nette pour le trimestre — de 91 cents par action, à partir de revenus de 2,9 milliards $, selon un coup de sonde de Thomson Reuters auprès de huit analystes.

À la Bourse de Toronto, l’action du transporteur a clôturé vendredi à 96 cents, en hausse de 13 cents, soit 15,7 pour cent, par rapport à son cours de la veille.

Une entreprise de Montréal a des plans pour Aveos

Air Canada (TSX:AC.B) a aussi affirmé jeudi qu’elle inscrirait une charge de 120 millions $ à ses résultats du premier trimestre relativement à la fermeture d’Aveos.

L’ancienne division d’entretien d’Air Canada a réclamé la protection contre les créanciers le mois dernier et mis à pied plus de 2600 employés à travers le pays en cessant ses activités, dont 1800 à Montréal.

Air Canada a affirmé avoir trouvé des fournisseurs de services de rechange à court terme et avoir amorcé un processus de soumissions pour les contrats à long terme.

Quelque 23 entreprises, dont l’allemande Lufthansa Technik et Air France, ont exprimé un intérêt initial pour l’achat en tout ou en partie des activités d’Aveos.

Phoenix Aerospace, établie à Montréal, a indiqué vendredi être intéressée à relancer une partie des activités d’entretien d’Aveos comme prélude à un projet plus important d’expansion.

Phoenix Aerospace emploie actuellement environ 90 travailleurs à temps plein et temps partiel et se prépare à embaucher des dizaines d’employés licenciés d’Aveos à court terme pour compléter la remise à neuf d’un Airbus A320 d’Air Canada se trouvant dans un hangar d’Aveos.

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