The Canadian Press Joe Oliver

Ottawa parviendra à dégager des surplus budgétaires en continuant à couper dans les services à la population, et le prix à payer pour la classe moyenne sera lourd, ont respectivement dénoncé mercredi les chefs Thomas Mulcair et Justin Trudeau.

Dans sa mise à jour économique automnale, dévoilée mercredi à Toronto, le ministre des Finances Joe Oliver a annoncé que le surplus de l’an prochain serait de 1,9 milliard $, soit 4,5 milliards $ de moins que prévu.

Cette situation est due en large partie aux mesures fiscales pour les familles récemment annoncées par le gouvernement Harper, dont le fractionnement du revenu pour les jeunes familles et la bonification de la prestation universelle pour la garde d’enfants (PUGE).

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, estime que les données économiques mises de l’avant par les conservateurs relèvent d’un «mirage» reposant sur des compressions budgétaires à répétition dans les services à la population.

En mettant de l’avant des mesures comme le fractionnement du revenu pour les jeunes familles, les conservateurs continuent à «creuser les inégalités» entre les Canadiens, a martelé M. Mulcair en point de presse à Toronto.

Le chef libéral Justin Trudeau a pour sa part soutenu que cette mesure ne donnait «absolument rien à 85 pour cent» de la population en plus d’offrir «un allégement fiscal de 2000 $ à des familles comme la mienne ou comme celle (du premier ministre Stephen) Harper».

Cela démontre, a-t-il poursuivi devant les journalistes à Vancouver, que le premier ministre «ne comprend pas les besoins des Canadiens».

Pendant son discours, le ministre Oliver y est allé d’une attaque à peine voilée contre les deux chefs, plaidant que malgré la bonne santé financière du Canada, l’heure n’était pas aux «expériences risquées» puisque la situation économique mondiale demeure fragile.

La remarque a fait bondir Thomas Mulcair, qui a taxé les conservateurs d’«illustres incompétents» en matière de gestion d’affaires publiques et économiques.

«Ils ne sont (…) même plus capables de livrer le maudit courrier et ils pensent qu’ils ont des leçons de morale à donner?»

Son adversaire libéral n’a pas semblé s’en formaliser outre mesure, affirmant qu’il préférait continuer à laisser aux troupes de Stephen Harper le loisir de se préoccuper de lui.

«Moi, je reste concentré sur les Canadiens, qui ont besoin de croissance économique et d’emploi», a-t-il laissé tomber.

Alors que M. Trudeau a déjà fait part de son intention d’annuler le fractionnement du revenu si sa formation politique est portée au pouvoir, M. Mulcair a promis que ses députés et lui allaient «se battre» contre la mesure.

Le Bloc québécois a de son côté accusé le gouvernement fédéral d’appauvrir le Québec et ses régions pour enrichir le Canada.

«Ce qu’Ottawa nous présente comme des bonnes nouvelles, c’est que diminuer les transferts en santé, modifier les calculs de péréquation au détriment du Québec (…), c’est bon pour le Canada», a déclaré le chef Mario Beaulieu par voie de communiqué.

Quant au chef de la formation Forces et démocratie, Jean-François Fortin, il a reproché au gouvernement d’avoir «fait disparaître les surplus qui auraient mis à mal son discours d’austérité» en «annonçant préventivement» des allégements fiscaux.

Ottawa estime que son ensemble de mesures pour les familles va vider les coffres publics d’environ 27 milliards $ entre 2014-15 et 2019-20.

La mise à jour automnale indique par ailleurs que le Canada anticipe un déficit de 2,9 milliards $ pour l’année financière en cours, ce qui est semblable au chiffre projeté en février.

Cette donnée a fait tiquer la Fédération canadienne des contribuables, qui a exhorté le gouvernement à corriger le tir en sabrant dans les dépenses, par exemple.

«Pendant la campagne électorale de 2011, Stephen Harper a promis d’atteindre l’équilibre budgétaire d’ici 2014, et nous tenons à ce qu’il tienne parole», a déclaré par voie de communiqué Aaron Wudrick, directeur de l’organisation.

La mise à jour économique du ministre Oliver a été accueillie très favorablement par le Conseil du patronat du Québec (CPQ), lequel a salué «la rigueur» et «la volonté» dont a fait preuve le gouvernement.

«Dans un contexte où les prévisions de croissance mondiale demeurent fragiles, et avec le cours baissier des prix du pétrole, le retour du Canada à l’équilibre budgétaire est de bon augure afin de pouvoir maintenir une fiscalité concurrentielle», a suggéré dans un communiqué le président-directeur général du CPQ, Yves-Thomas Dorval.

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