OTTAWA – La députée transfuge Eve Adams briguera l’investiture libérale dans la circonscription torontoise d’Eglinton—Lawrence, actuellement représentée par le ministre des Finances, Joe Oliver.

L’élue, qui a causé tout un émoi lundi en passant chez les libéraux de Justin Trudeau, avait identifié l’une des mesures phares du gouvernement que doit défendre M. Oliver — le fractionnement du revenu — comme l’une des politiques conservatrices avec lesquelles elle n’était plus à l’aise.

Elle a confirmé son intention de se présenter candidate à l’investiture libérale dans le cadre d’une entrevue avec un média de la région de Toronto mercredi matin.

Celle qui partage sa vie avec l’ancien bras droit du premier ministre Stephen Harper, Dimitri Soudas, devra remporter la course à l’investiture avant d’être officiellement candidate pour le Parti libéral du Canada (PLC) dans la circonscription où elle atterrit.

La défection de Mme Adams a été accueillie avec beaucoup de scepticisme par plusieurs chroniqueurs politiques et par certains de ses anciens collègues, dont le ministre de la Justice, Peter MacKay, qui a qualifié mardi la décision de l’élue de «grossière» («crass») et d’«opportuniste».

La principale intéressée a cependant affirmé mercredi qu’elle avait été accueillie à bras ouverts par le caucus libéral, avec qui elle siégera dès son retour à la Chambre des communes.

«Judy Foote (la whip du parti) m’a immédiatement dit: ‘Bienvenue dans la famille. Tu vas enfin comprendre ce que signifie avoir du soutien de sa famille’», a relaté l’élue au cours de son entrevue télévisée avec CP24.

En conférence de presse, lundi, Eve Adams a plaidé qu’elle ne supportait plus la «mesquinerie» du leadership conservateur et a dit souhaiter se ranger derrière un chef «inspirant» et non pas s’associer à des «brutes» («bullies») qui mènent des campagnes de peur.

La députée n’était plus dans les bonnes grâces du Parti conservateur, à en croire le président du parti, John Walsh, qui a précisé lundi l’avoir informée il y a environ deux semaines qu’elle ne pourrait porter les couleurs conservatrices aux prochaines élections.

Eve Adams avait défrayé la chronique l’an dernier lorsque sa lutte pour obtenir une nomination dans une nouvelle circonscription voisine de celle qu’elle représente déjà a tourné au vinaigre.

On avait alors reproché à son conjoint, M. Soudas, l’ex-directeur des communications du premier ministre Harper, d’avoir employé des tactiques déloyales, ce qui avait entraîné sa démission forcée.

L’arrivée de ce dernier dans le giron libéral a fait couler beaucoup d’encre depuis le début de la semaine. Les autorités du parti ont affirmé qu’il n’aurait «aucun rôle formel» au sein du PLC.

Le conseiller principal de Justin Trudeau, Gerald Butts, a écrit sur Twitter lundi après-midi que «les théories du complot était bien amusantes», mais que la seule responsabilité qui incomberait à Dimitri Soudas serait d’«installer des pancartes» pour la campagne de Mme Adams.

La date de l’investiture libérale dans Eglinton—Lawrence n’a pas encore été fixée.

De son côté, Joe Oliver a déjà été acclamé, en mai dernier, comme candidat conservateur de la circonscription.

Il n’a pas voulu commenter directement l’arrivée de cette nouvelle rivale, se contentant de plaider qu’il avait l’intention de «continuer (son) travail des quatre dernières années, soit de défendre les valeurs et les intérêts des gens d’Eglinton—Lawrence».

L’attaque frontale qu’elle a menée contre le fractionnement du revenu ne semble pas inquiéter outre mesure au Parti conservateur.

«Je pense que ses positions à ce sujet parlent d’elles-mêmes», a ironisé une source conservatrice.

Peu avant le congé des Fêtes, le 12 décembre dernier, Eve Adams avait profité d’une déclaration en Chambre pour louer les mesures fiscales conservatrices.

Lundi, en conférence de presse aux côtés de M. Trudeau, elle a qualifié l’une de ses pièces maîtresses, le fractionnement du revenu, de mesure «mesquine».

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