OTTAWA – Les portes de l’Observatoire du Mont-Mégantic (OMM) demeureront ouvertes pour au moins deux ans encore.

Ottawa allouera finalement au lieu de recherche astronomique situé en Estrie les 500 000 $ qui manquaient à son budget.

«Je peux confirmer que le gouvernement va de l’avant pour corriger la situation», a indiqué à La Presse Canadienne l’attaché de presse du ministre de l’Industrie James Moore, Jake Enright, mercredi après-midi.

«Notre gouvernement financera l’Observatoire du Mont-Mégantic pour les deux prochaines années afin qu’il reste accessible à la population», a écrit peu après sur Twitter le ministre Christian Paradis, qui représente la circonscription de Mégantic—L’Érable.

Le gouvernement était resté muet pendant toute la journée de mercredi, alors que la nouvelle publiée en matinée suscitait l’émoi dans les sphères publique, scientifique et politique.

Ottawa avait déjà été averti qu’il faudrait vraisemblablement mettre la clé sous la porte sans de nouveaux subsides fédéraux, mais il n’y avait cependant «pas eu de retour» de la part de M. Paradis ou de son entourage, selon le directeur de l’Observatoire, René Doyon.

Les 500 000 $ promis seront puisés dans le budget de l’Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec, a-t-on confirmé au bureau du ministre Denis Lebel, titulaire de ce portefeuille.

Le conseil d’administration de l’Observatoire avait adopté au cours des derniers jours une résolution prévoyant sa fermeture dès le 1er avril prochain en raison d’un manque de financement adéquat.

Le directeur général de l’Observatoire, René Doyon, s’est réjoui de ce développement favorable à la faveur du centre de recherche.

«Selon ma compréhension de la chose, on nous propose 500 000$ pour deux ans, soit un million. Mais on est très conscient qu’il faut trouver une solution pour le financement récurrent de l’observatoire», a-t-il confié lors d’un entretien avec La Presse Canadienne.

Il qualifie le défi du financement de l’observatoire comme étant très complexe. «Il faut trouver des ententes spéciales entre les universités et le Conseil national de recherche du Canada. Actuellement, il n’y en a pas et ça exige des changements importants dans les mandats de ces organismes du gouvernement. Ce n’est pas simple», a-t-il admis.

Le financement populaire est-il une avenue possible pour l’Observatoire? «Il y a actuellement du financement philantropique, mais c’est minime. Ce ne serait pas simple d’amasser 500 000$ par année par cette méthode», croit M. Doyon.

Mercredi en journée, l’annonce de la fermeture de l’Observatoire avait provoqué une onde de choc dans la communauté scientifique. Les partis d’opposition avaient aussi dénoncé d’une seule voix cette éventualité.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) avait accusé les conservateurs de procéder à «des coupes irréfléchies», tandis que le Parti libéral leur reprochait d’abandonner la science fondamentale.

Le Bloc québécois, de son côté, y avait perçu une nouvelle démonstration des «attaques répétées contre notre accès à la connaissance» du gouvernement Harper.

L’Observatoire est financé en bonne partie par les Universités de Montréal et Laval. Il lui manquait environ 500 000 $ pour lui permettre de poursuivre ses activités.

La fermeture de ce «joyau de la recherche scientifique» serait une «très, très grande perte» pour le parc national du Mont-Mégantic, a signalé son directeur, Pierre Goulet.

«C’est l’Observatoire qui a donné un peu sa vocation scientifique au mont Mégantic», a-t-il illustré en entrevue téléphonique.

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