Fred Chartrand/The Canadian Press Max Yalden.

MONTRÉAL – L’ancien commissaire aux langues officielles du Canada Max Yalden, qui a été en 1977 le deuxième à occuper ce poste parfois périlleux, est décédé à l’âge de 84 ans, a indiqué mercredi le commissaire actuel.

Né en 1930 à Toronto, Max Yalden a amorcé une brillante carrière dans la haute fonction publique aux «Affaires extérieures», en 1956, puis au secrétariat d’État et aux communications, où il a été nommé sous-ministre en 1973.

En 1977, Pierre Elliott Trudeau le nomme à la tête du Commissariat aux langues officielles, un organisme cher au premier ministre libéral, alors même que le Parti québécois vient d’adopter la Charte de la langue française («loi 101»). Il occupera ce poste jusqu’en 1984 — il assistera donc au référendum sur la souveraineté-association au Québec, puis au rapatriement de la Constitution et à l’adoption de la Charte canadienne des droits et libertés.

«L’inscription des droits linguistiques dans une Constitution authentiquement canadienne a marqué un grand tournant (…) Nous jouissons désormais d’un ensemble de garanties constitutionnelles qui consacrent le caractère officiel du français et de l’anglais comme les langues du Canada», écrivait en 1982 le commissaire Yalden dans son rapport annuel.

Pendant son mandat, le Commissariat aux langues officielles a inauguré des bureaux régionaux à Moncton, Winnipeg, Montréal, Sudbury et Edmonton. Le commissaire Yalden insiste aussi alors sur la nécessité de revoir la Loi sur les langues officielles de 1969 «pour s’assurer, notamment, de sa conformité aux dispositions linguistiques de la Charte canadienne des droits et libertés».

Le Commissariat aux langues officielles surveille les politiques en matière de bilinguisme et de biculturalisme au Canada, et évalue les progrès effectués par les gouvernements, les établissements d’enseignement et le secteur privé. M. Yalden succédait au premier commissaire aux langues officielles, Keith Spicer, nommé en 1970, et il a été remplacé par D’Iberville Fortier en 1984.

Cette année-là, le premier ministre Trudeau nomme Max Yalden ambassadeur du Canada au Belgique et au Luxembourg, où il vivra jusqu’en 1987. Le premier ministre progressiste-conservateur Brian Mulroney le rapatrie alors au pays pour le nommer à la tête de la Commission canadienne des droits de la personne, qu’il dirigera jusqu’en 1996. À ce poste, il contribue à faire modifier les législations, et il joue un rôle majeur dans la création de la Commission royale sur les peuples autochtones.

Les Nations unies viendront alors repêcher ce Canadien aguerri aux droits de la personne pour le nommer membre de la Commission des droits de l’homme. Son mandat de quatre ans sera renouvelé une deuxième fois, jusqu’en 2004.

L’actuel commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, a salué mercredi «la précision de sa pensée et la profondeur de ses idées».

«Confronté aux tensions linguistiques qui ont marqué plusieurs années de son mandat, Max Yalden aura contribué à atténuer les récriminations d’une bonne partie de la population à l’égard de la Loi sur les langues officielles», a écrit M. Fraser dans un communiqué.

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