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OTTAWA – Les soldats canadiens sont plus susceptibles que leurs concitoyens civils d’avoir été victimes d’abus, dont des punitions corporelles, ou d’avoir été exposés à la violence familiale pendant leur enfance, selon une nouvelle recherche portant sur la prévalence de la dépression et du suicide chez les militaires.

Cette étude menée par le département de psychiatrie de l’Université du Manitoba et la Direction de la santé mentale des Forces armées canadiennes n’a pas encore été publiée. Toutefois, des chercheurs du ministère de la Défense ont récemment présenté une version abrégée de leurs résultats à des professionnels en santé mentale.

Même si les données sont encore à l’étude, les résultats préliminaires suggèrent que 39 pour cent des militaires ont reçu une gifle ou une fessée plus de trois fois durant leur enfance, comparativement à 22 pour cent pour la population dans son ensemble. Dix-sept pour cent d’entre eux ont été poussés, projetés au sol ou empoignés alors que c’est arrivé à 11 pour cent des civils.

Parmi les répondants militaires, 15 pour cent ont rapporté avoir reçu des coups de pied, été mordus, frappés, étranglés, brûlés, étranglés ou attaqués quand ils étaient jeunes. Une proportion de cinq points de pourcentage supérieure à la population en général.

Dix pour cent des soldats ont aussi dit avoir été témoins de «violence conjugale» en grandissant, alors que c’est arrivé à huit pour cent des civils.

Cette recherche se base sur les données de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2012 et sur celles de l’Enquête sur la santé mentale dans les Forces canadiennes de 2013.

La Presse Canadienne a demandé des informations supplémentaires sur cette étude. Elles lui ont été refusées, parce que le document n’a pas encore été officiellement publié.

Toutefois, l’un des auteurs de l’étude, le Dr Mark Zamorski, affirme que leurs conclusions sont similaires à celles d’une recherche américaine sur le même sujet. Il souligne que leurs découvertes aident à expliquer pourquoi les membres des Forces armées canadiennes ont un taux de dépression, associé avec le suicide, plus élevé que la moyenne.

«Pour des raisons que personne ne comprend, les gens qui sont attirés par les forces armées ou qui choisissent d’effectuer leur service militaire, peu importe leurs motivations, sont plus exposés aux traumatismes durant leur enfance que les civils ou les gens qui choisissent pas d’être dans l’armée», a fait valoir le Dr Zamorski en entrevue.

Les chercheurs «n’ont pas encore creusé assez profondément» pour pleinement comprendre les liens avec la dépression et les pensées et actes suicidaires, a-t-il averti. «Nous en saurons plus dans quelque temps. Ces chiffres sont très préliminaires.»

En 2014, les Forces armées canadiennes ont recensé 19 suicides, selon les plus récentes données rendues publiques. C’est l’un des bilans les plus élevés de la dernière décennie, surpassé seulement par 22 suicides en 2009 et 25 en 2012, la dernière année de la mission de combat canadienne à Kandahar.

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