Le bien-être général des habitants de l’Arctique est beaucoup moins bon au Canada que dans certains autres pays circumpolaires, révèle une étude amorcée il y a 10 ans.

Le deuxième Rapport sur le développement humain dans l’Arctique, rendu public mardi, conclut que les Canadiens vivant dans le Grand Nord se classent au mieux dans la moyenne en matière de mortalité infantile, de tuberculose, d’accidents mortels, d’homicides et de suicides.

Par contre, le Canada s’en tire mieux dans d’autres secteurs, comme l’innovation en matière de gouvernance, qui permet une plus grande participation locale et citoyenne, rappelle l’auteure principale de l’étude, Gail Fondahl, professeure à l’Université du nord de la Colombie-Britannique.

Ce Rapport sur le développement humain dans l’Arctique constitue le suivi d’un rapport semblable déposé en 2004. Financé par une pléiade d’agences et d’organismes internationaux, il doit être présenté lors de la prochaine rencontre ministérielle des pays membres du Conseil de l’Arctique, en avril. Le Canada assure actuellement la présidence de l’organisme international regroupant aussi les quatre pays scandinaves, la Russie, les États-Unis et l’Islande.

De façon générale, le rapport conclut que les habitants de l’Arctique sont en meilleure santé dans les pays qui sont déjà très nordiques, comme la Norvège et la Finlande: dans ces régions, la différence est minime entre le «grand nord» et le «sud» du pays — ou entre les Autochtones et les non-Autochtones.

De même, en Amérique du Nord, l’ouest de l’Arctique — l’Alaska, les Territoires-du-Nord-Ouest et le Yukon —, affiche à peu près les mêmes résultats, voire meilleurs, que la moyenne nationale au chapitre de la santé.

Mais le rapport révèle aussi que les peuples autochtones sont moins favorisés. Ainsi, au Nunavut (l’est de l’Arctique canadien) et au Groenland (Danemark), où la population est composée à 85 pour cent d’Inuits, les indicateurs de santé sont moins bons que dans la population en général de ces pays. Par ailleurs, c’est en Russie que les habitants de l’Arctique sont les moins en santé.

Enfin, le rapport relève quelques pistes d’avenir intéressantes, notamment la prise en charge par les communautés elles-mêmes de la gestion de leurs ressources naturelles, comme on le voit au Canada, a rappelé la professeure Fondahl. «Beaucoup de gens sont d’avis qu’il s’agit là d’un bel exemple de participation citoyenne», a-t-elle estimé. Ainsi, au Canada, des comités environnementaux locaux ont été créés dans le cadre d’ententes sur des revendications territoriales.

Le gouvernement fédéral canadien conteste cependant devant les tribunaux la portée de l’autorité de certains de ces comités locaux.

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