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QUÉBEC – Le radicalisme du Parti québécois sur la souveraineté est différent de celui qui mène des islamistes à commettre des gestes terroristes, a déclaré mardi le premier ministre Philippe Couillard.

M. Couillard a fait cette précision après avoir affirmé la semaine dernière que les candidats à la direction du PQ se livraient à un concours de radicalisme vers la souveraineté, ce qui avait suscité des critiques.

Deux candidats à la direction du PQ, Bernard Drainville et Pierre Karl Péladeau, se sont unis vendredi dans une lettre ouverte où ils dénonçaient l’étiquette de «radicaux», un terme utilisé par M. Couillard après les attentats de djihadistes à Paris pour décrire les mesures de lutte envisagées par son gouvernement.

Avant une réunion de ses députés, lors d’un point de presse, M. Couillard a précisé ses propos, en affirmant qu’il existe plusieurs types de radicalisme.

«Il faut parler de différents types d’idées radicales, a-t-il dit. Clairement, il n’y a pas de comparaison entre un radicalisme qui va vers la violence comme celui de l’islamisme dévié vers l’apologie du terrorisme. Pour ce qui est du séparatisme, c’est la pire option pour le Québec sur le plan politique, social et économique, alors je me permets de le répéter.»

Mardi, M. Péladeau a estimé que l’association de M. Couillard est inappropriée d’autant plus qu’il s’en est servi pour parler des intégristes religieux qui posent des gestes violents.

«Le terme est inapproprié d’autant plus qu’il l’a associé la semaine dernière à l’intégrisme, a-t-il dit. Si les souverainistes sont radicaux, les Canadiens le sont tout autant, tout comme le sont les Estoniens, les Lithuaniens, les Slovaques, qui se sont engagés dans des processus d’auto-détermination, tout comme le sont les Écossais et les Catalans. Ça fait beaucoup de radicaux, ça.»

M. Drainville a affirmé que M. Couillard exagère lorsqu’il qualifie les péquistes de radicaux et manque de respect envers le caractère démocratique du mouvement souverainiste.

«À sa face même c’est une très grave exagération, a-t-il dit. Je ne trouve pas que notre premier ministre s’aide beaucoup lorsqu’il fait des déclarations comme celles-là. Il diminue la crédibilité de sa fonction. (…) On n’est pas des radicaux, on propose une option qui est très démocratique.»

Candidate elle aussi, Martine Ouellet a répété mardi qu’elle aurait souhaité être consultée par MM. Péladeau et Drainville, qui se sont alliés dans cette démarche.

Selon Mme Ouellet, qui juge les propos de M. Couillard excessifs, il est encore trop tôt dans la campagne pour conclure à un rapprochement des deux adversaires.

«C’est dans leur stratégie et ça leur appartient, je le respecte, a-t-elle dit. C’est un choix stratégique qu’ils ont fait.»

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