OTTAWA – Un projet de loi privé proposé par le Nouveau Parti démocratique, qui permettrait aux stagiaires non rémunérés de jouir de protections supplémentaires enchâssées dans le Code canadien du travail, alimente les débats aux Communes.

Le texte législatif, qui avait été déposé au printemps dernier par la députée québécoise Lauren Liu, garantirait que les stages soient invariablement liés à un programme d’éducation et que ces expériences profiteraient d’abord et avant tout aux participants plutôt qu’aux employeurs.

Il limiterait également le nombre d’heures de travail des stagiaires non payés, qui auraient en outre le droit de refuser une tâche jugée dangereuse.

Le projet de loi vise à interdire aux compagnies d’avoir recours à ces travailleurs en devenir pour remplacer du personnel régulier.

Alors que quelques provinces, comme le Québec, l’Ontario et l’Alberta, offrent déjà certaines protections aux stagiaires non rémunérés, il n’existe pas de loi en la matière pour encadrer les entreprises chapeautées par le fédéral.

Les conservateurs avaient mentionné, dernièrement, qu’ils envisageaient de durcir le ton à l’égard des patrons recourant à cette main-d’oeuvre à rabais.

Le député néo-démocrate Andrew Cash estime qu’il y a encore trop de jeunes au pays qui sont recrutés par des grandes entreprises rentables pour remplir les fonctions normalement réservées à des employés rémunérés. «Nous entendons continuellement des histoires troublantes de gens ayant fait des stages dans des grandes corporations. Elles ont profité d’eux, elles les a contraints à faire des tâches peu avantageuses pour eux ou elles les ont recrutés pour remplacer des employés rémunérés.»

Naguib Gouda, le président de Career Edge, un organisme de placement de stagiaires, appuie le projet de loi du NPD. Selon lui, il est important que tous les Canadiens aient un accès égal aux emplois, et non seulement ceux qui peuvent compter sur leur famille pour les aider financièrement.

Il a soutenu que les stages rémunérés stimulaient l’économie canadienne car les jeunes travailleurs dépensent une partie de l’argent qu’ils gagnent et paient des taxes. «Pour moi, c’est une évidence, a-t-il souligné. Des stages non rémunérés, en autant que je suis concerné, causent du tort.»

M. Gouda a dit que des députés des trois principaux partis étaient d’accord avec le projet de loi.

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