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MONTRÉAL – En dépit de la volatilité sur les marchés, le rendement de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) a atteint 12 pour cent en 2014, une performance qui dépasse de 0,6 point de pourcentage son indice de référence.

Cette performance du gestionnaire d’actifs des régimes publics de retraite et d’assurance — dont les résultats étaient dévoilés mercredi — dépasse du même coup son objectif de rendement annuel à long terme, qui oscille entre six et sept pour cent.

Son président et chef de la direction, Michael Sabia, a souligné que ce résultat, inférieur au rendement de 13,1 pour cent en 2013, a été atteint même si les 12 derniers mois ont été marqués entre autres par l’effondrement des prix du brut et la baisse des taux d’intérêt.

«L’année a peut-être (…) semblé tranquille, mais sous la surface, plusieurs imprévus sont survenus, a-t-il dit. Malgré la volatilité, nous avons montré notre résilience. Nous avons gardé le cap. C’est ce qui compte.»

Dans le contexte de volatilité, le ministre des Finances, Carlos Leitao, s’est sans surprise montré «satisfait» des résultats annuels de l’institution.

«Quand on prend en considération les grands bouleversements qui sont survenus pendant l’année, la Caisse a obtenu un rendement qui dépasse les indices de référence», a-t-il dit, dans les couloirs de l’Assemblée nationale.

L’actif net de la Caisse s’est quant à lui chiffré à 225,9 milliards $, en hausse de près de 25 milliards $ par rapport à 2013.

Sans s’attendre à une correction, M. Sabia a toutefois laissé entendre que les marchés boursiers ne seraient probablement plus en mesure de livrer des rendements similaires à ceux observés depuis plus de cinq ans.

«Depuis la crise financière (de 2008), tout le monde a profité d’un rendement plus élevé, a-t-il expliqué aux journalistes. Maintenant, ça sera probablement un niveau de rendement plus bas et un peu plus de volatilité.»

Néanmoins, la stratégie de la Caisse ne devrait pas changer de façon significative, a affirmé son dirigeant, qui compte continuer à investir dans l’immobilier et les infrastructures.

M. Sabia a également indiqué que la CDPQ n’allait pas pour autant liquider ses participations au sein d’entreprises du secteur énergétique en raison de la dégringolade du prix du baril de pétrole, qui s’échange aux alentours de 50 $US.

«Nous n’investissons pas en prévision des prix du brut mais en fonction du bilan financier des sociétés et de leur capacité à passer la tempête (actuelle)», a-t-il analysé.

M. Sabia a rappelé qu’à l’échelle du globe, le recul des cours du brut favorisait la croissance et des entreprises comme Alimentation Couche-Tard (TSX:ATD.B), le Groupe CGI (TSX:GIB.A) et le Canadien National (TSX:CN), dans lesquelles la Caisse a investi.

Au total, les trois grandes catégories d’actifs de la CDPQ ont enregistré des gains importants. Les actions ont progressé de 14 pour cent, avec un résultat de 12,9 milliards $, alors que les placements sensibles à l’inflation ont grimpé de 11 pour cent, à 3,4 milliards $.

L’institution compte de plus en plus gérer ses placements «en absolu», une stratégie qui consiste principalement à éloigner les indices de référence des marchés du processus décisionnel.

Ses résultats de placements nets ont été de 23,8 milliards $ et les dépôts nets se sont chiffrés à 1,9 milliard $.

Au Québec, les nouveaux engagements et investissements se sont élevés à 2,4 milliards $. La valeur de son portefeuille dans la province s’élève à environ 60 milliards $.

En 2014, WSP Global (TSX:WSP), Agropur et le Fonds de placement immobilier Cominar (TSX:CUF.UN) ont notamment bénéficié d’un coup de pouce de la CDPQ, qui dit être actuellement partenaire de 500 PME au Québec.

Les rendements des huit plus grands déposants de la CDPQ, dont la Régie des rentes, les employés du secteur public et la Société de l’assurance automobile du Québec, ont quant à eux varié entre 11 et 12,5 pour cent.

La Caisse a par ailleurs poursuivi la diversification de ses actifs à l’échelle mondiale, qui sont désormais à l’extérieur du pays dans une proportion de 47,4 pour cent. Cette tendance devrait se poursuivre au cours des prochaines années.

Sur quatre ans, l’institution souligne que son rendement a atteint 9,6 pour cent, une période où elle a généré des résultats de placement de 67,2 milliards $ sur des dépôts de 7 milliards $.

Ivanhoé Cambridge — le bras immobilier de la Caisse — a par ailleurs connu une année record au chapitre des transactions avec des acquisitions qui se sont chiffrées à 5,1 milliards $ et des ventes d’immeubles ayant atteint 8,6 milliards $, dont 21 hôtels.

À l’échelle mondiale, les investissements en infrastructures aux États-Unis et en Australie se sont chiffrés à 3,8 milliards $.

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