Adrian Wyld Thomas Mulcair

OTTAWA – Après Justin Trudeau la semaine dernière, voilà que Thomas Mulcair s’est rangé, mercredi, derrière un jugement de la Cour fédérale autorisant le port du niqab pendant la prestation du serment de citoyenneté canadienne.

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) s’est dit en accord avec la décision du tribunal ontarien que le gouvernement conservateur, lui, a décidé de porter en appel.

S’il fait remarquer qu’il est effectivement dans les prérogatives du gouvernement d’entamer cette démarche, M. Mulcair estime que cette contestation juridique constitue un nouvel affront aux droits et libertés des femmes portant le voile, qui sont selon lui victimes de stigmatisation.

«Il y a une ‘vilification’ qui s’opère, et sincèrement, ça fait des années que je fais de la politique fédérale, et ça fait des années que je vois que les musulmanes sont souvent les boucs émissaires pour des débats politiques», a-t-il affirmé à l’issue du caucus de son parti.

Le chef du Parti libéral du Canada (PLC), Justin Trudeau, s’était prononcé mardi dernier en faveur du jugement rendu par la Cour fédérale, plaidant que «la famille canadienne est basée sur la protection des minorités et le respect des différences d’expression et identitaires».

Le premier ministre Stephen Harper avait annoncé quelques jours auparavant que le gouvernement porterait en appel la décision rendue dans la cause de Zunera Ishaq, une Pakistanaise habitant dans la région de Toronto qui a voulu participer à sa cérémonie de citoyenneté en niqab.

Il a argué, lors d’un passage à Victoriaville, il y a environ deux semaines, que «la plupart des Canadiens trouveraient offensant qu’une personne cache son identité au moment même où elle souhaite se joindre à la famille canadienne».

Les deux partis d’opposition ont depuis accusé les conservateurs de mener une «campagne de peur» pour marquer des points politiques, surtout après que le ministre fédéral de la Citoyenneté et de l’Immigration eut confondu le hidjab et le niqab dans certains messages.

Le ministre Chris Alexander, un ancien diplomate qui a notamment servi en Afghanistan et au Pakistan, a semé la confusion en écrivant sur Twitter la semaine dernière que «niqab, hidjab, burqa, voile de mariage — ce qui recouvre le visage n’a aucune place» aux cérémonies de citoyenneté.

Le hidjab ne dissimule pas le visage, contrairement au niqab, à la burqa ou au voile de mariage.

Le bureau de M. Alexander n’a jamais voulu offrir d’explications précises sur la signification de cet amalgame, ou encore s’il fallait en déduire que le gouvernement voudrait interdire aux femmes de porter le hidjab lorsqu’elles prêtent le serment de citoyenneté canadienne.

Le porte-parole du premier ministre, Carl Vallée, n’a pas non plus commenté directement les propos de M. Alexander.

En revanche, il a écrit dans un courriel, vendredi dernier, que la position du gouvernement était on ne peut plus limpide.

«La position de notre gouvernement est claire, nous croyons qu’il est offensant qu’une personne couvre son visage au moment même où elle se joint à la famille canadienne», a-t-il tranché en soulignant le mot «couvre».

«Je pense que la véritable question ici est de savoir comment le NPD et le Parti libéral peuvent justifier qu’une telle pratique soit acceptable à leurs yeux. Nous croyons que la vaste majorité des Québécois et des Canadiens sont en accord avec notre position», a ajouté M. Vallée dans le même message.

Le chef du Bloc québécois, Mario Beaulieu, a réagi vigoureusement à la prise de position de Thomas Mulcair, qualifiant ce dernier d’«intégriste du multiculturalisme», apôtre d’un «inquiétant relativisme culturel».

«Nous croyons que le visage doit être découvert lorsqu’on devient citoyen tout comme lorsque l’on vote. C’est, il me semble, la moindre des choses», a-t-il déclaré mercredi par voie de communiqué.

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