MIRABEL, Qc – Les problèmes ne sont peut-être pas tous réglés chez Bombardier, mais son nouveau dirigeant estime que le vol inaugural du plus gros avion de la famille CSeries donnera l’élan nécessaire à l’entreprise afin de surmonter les difficultés qui l’affligent depuis un certain temps.

Près d’un an et demi après le baptême de l’air de la CSeries, le CS300 — qui peut transporter jusqu’à 160 passagers — a volé pendant cinq heures, vendredi, à Mirabel, dans les Laurentides, devant les dirigeants de l’entreprise, des employés, des analystes, clients et journalistes.

«C’est un moment marquant, a affirmé le nouveau président et chef de la direction de l’avionneur, Alain Bellemare, en mêlée de presse, avant l’événement. L’arrivée du deuxième appareil (de la gamme CSeries) va nous donner un élan, ce qui permettra au programme de prendre son envol.».

Bombardier (TSX:BBD.B) a déployé d’importantes ressources financières dans le programme de son nouvel avion commercial, qui a connu sa part de retards et d’imprévus, notamment en raison de l’explosion d’un moteur, survenu en mai dernier. Cet incident avait interrompu les essais en vol pendant plus de trois mois.

Initialement estimés à 3,4 milliards $ US, les coûts de la CSeries n’ont cessé d’augmenter pour atteindre, selon les dernières estimations, 5,4 millions $ US.

Cela n’a pas empêché M. Bellemare — en poste depuis un peu plus de deux semaines — de qualifier l’événement de «point tournant» pour Bombardier.

«Nous avons eu des difficultés en raison du travail visant à développer un appareil aussi complexe mais je sens que nous sommes au point d’inflexion et près de la ligne d’arrivée», a souligné plus tard l’ex-haut dirigeant de United Technologies.

Les actions de catégorie B de Bombardier ont plongé de 39 pour cent depuis la fin de 2014 et de 47 pour cent depuis le vol inaugural du CS100.

En plus de procéder à d’importants licenciements, la société a restructuré sa division aéronautique, complété un financement de 1,1 milliard $ en raison de préoccupations quant à ses liquidités, suspendu son dividende en plus de mettre sur la glace son programme du Learjet 85 — son nouvel avion d’affaires.

Malgré tout, M. Bellemare a estimé que Bombardier inspirait toujours la confiance dans l’industrie, même si sa marge d’erreur est mince.

«Chaque fois qu’il y a des étapes importantes comme aujourd’hui, cela donne confiance à nos clients, a-t-il dit. Le niveau de risque a diminué grandement puisque nous sommes dans la phase de certification.»

D’après le vice-président et directeur général du programme de la CSeries, Rob Dewar, plus de 80 pour cent des tests «risqués» du programme de la CSeries ont été complétés. Il a expliqué que l’appareil avait notamment atteint sa vitesse maximale en plus d’effectuer des essais à des températures très froides.

De plus, les objectifs en ce qui a trait à la consommation de carburant — 20 pour cent de moins — ainsi qu’aux niveaux de bruit sont en voie d’être atteints, a précisé M. Dewar.

Jusqu’ici, le programme de la CSeries a accumulé plus de 1000 heures de vol sur les quelque 2400 nécessaires pour obtenir la certification de Transports Canada.

Au total, deux appareils CS300 doivent s’ajouter aux cinq véhicules d’essais CS100.

En dépit des turbulences traversées par Bombardier, un représentant de Swiss Air — qui a commandé 30 appareils CSeries — a estimé que l’entreprise avait été en mesure de rassurer ses clients.

«Je me suis posé quelques questions en lisant certains reportages dans les médias mais les informations fournies par Bombardier laissent croire que leur nouvel avion commercial sera un succès», a expliqué à La Presse Canadienne le technicien en chef du transporteur, Peter Wojahn.

Il a reconnu avoir été surpris de l’explosion du moteur en mai dernier, mais a tenu à rappeler qu’un programme comme celui de la CSeries «comportait des risques».

Pour le moment, c’est le CS300 — qui se détaille à 72 millions $ US au prix catalogue — qui semble avoir la cote auprès des clients de Bombardier, avec 180 commandes fermes, comparativement à 63 pour le CS100.

L’entreprise affirme être prête à livrer ses premiers CS100 dans la deuxième moitié de l’année si ses clients sont prêts à recevoir l’appareil. Les livraisons du CS300 devraient suivre quelque six mois plus tard.

L’avionneur espère avoir reçu au moins 300 engagements fermes pour son nouvel appareil commercial avant les premières livraisons. Jusqu’ici, le carnet de commandes de la CSeries compte un engagement pour 563 appareils, dont 243 commandes fermes.

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