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QUÉBEC – Le candidat à la direction du Parti québécois Bernard Drainville a atténué, mardi, l’ampleur de l’expérience économique du favori dans la course, l’actionnaire de contrôle de Québecor, Pierre Karl Péladeau.

Lors d’une conférence de presse, où il a présenté des mesures pour stimuler l’entreprenariat et les PME, M. Drainville a fait valoir sa propre expérience comme journaliste économique, ses études à la London School of Economics, et son bagage de fils d’un propriétaire d’entreprise agricole.

«(M. Péladeau) a une expérience entrepreneuriale, effectivement, qui est une force, il n’y a aucun doute là-dessus, a-t-il dit. (…) Mais vous savez, la pratique entrepreneuriale, c’est une dimension, c’est un élément de la dimension économique.»

M. Drainville a offert cette réponse sur l’expérience de M. Péladeau le jour même où le favori dans la course a fait une annonce sur le thème économique à Montréal.

À la veille du premier débat qui réunira les cinq aspirants à la succession de Pauline Marois, M. Drainville a insisté à de nombreuses reprises sur le fait que cette épreuve constituera le premier véritable test de la campagne amorcée début février.

«Je pense que j’ai été testé, a-t-il dit. Pour ceux qui ne l’ont pas été de la même façon, les débats sont l’occasion, j’imagine, de démontrer un certain nombre de choses: clarté, capacité de vulgariser, de convaincre, maîtrise du contenu, capacité de travailler sous le stress, sous la pression.»

M. Drainville a refusé de dire si ses propos étaient destinés à M. Péladeau, qui a fait le saut en politique il y a moins d’un an.

«Je vous laisse faire cette analyse-là», a-t-il répondu aux journalistes.

Par ailleurs, M. Drainville a invité ses adversaires à faire comme lui et réclamer le report de l’équilibre budgétaire d’un an. Selon lui, les autres aspirants doivent aller plus loin que simplement dénoncer les mesures d’austérité du gouvernement libéral.

«C’est un peu un appel à la cohérence que je lance, a-t-il dit. On ne peut pas d’un côté dire que l’austérité fait mal, l’austérité fait mal aux familles, l’austérité fait mal aux travailleurs, à la classe moyenne, aux plus démunis, aux régions, puis ne rien proposer ou même cautionner l’échéancier actuel du gouvernement. Tu ne peux pas d’un côté dire ça fait super mal, ça va super vite, c’est aveugle, c’est idéologique et dire: mais on continue quand même que ça devrait être fait l’an prochain.»

Selon le candidat, les décisions des libéraux pour retrouver l’équilibre budgétaire à la fin de la prochaine année budgétaire sont dommageables, notamment dans les régions.

«Repoussons ça d’un an pour bien évaluer les conséquences de cette politique d’austérité, a-t-il dit. (…) Les gens sont très inquiets, ils ont l’impression qu’on est en train de les déposséder, de leur enlever des outils très importants.»

À Montréal, plus tard mardi, M. Péladeau a évité de répondre à l’appel de M. Drainville en insistant sur l’importance d’assainir les finances publiques grâce à une hausse des revenus de l’État.

«Je considère que c’est un peu une question académique parce que, évidemment vous le savez, nous sommes dans l’opposition. Ceci étant, nous avons le droit d’avoir des opinions différentes de celles qui sont engagées par les politiques du gouvernement», a-t-il dit.

Les cinq candidats seront à Trois-Rivières, mercredi, pour un premier débat. Le PQ organisera ensuite quatre autres débats d’ici l’élection du prochain chef par les militants, en mai.

Mardi, M. Drainville a proposé de bonifier les cursus du secondaire et du cégep afin de stimuler l’entreprenariat chez les jeunes. Le candidat souhaite aussi réduire les formalités administratives des entreprises et développer le commerce avec les États-Unis.

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