OTTAWA – Le nombre de travailleurs étrangers a triplé au Canada entre 2002 et 2012 — même s’ils représentent toujours moins de deux pour cent de la main-d’oeuvre totale, indique une étude du Directeur parlementaire du budget (DPB).

Le rapport du DPB, dévoilé jeudi, indique par ailleurs que la majorité des travailleurs étrangers occupaient en 2012 des postes spécialisés, à mesure que diminuait le nombre de postes peu spécialisés au pays.

Les travailleurs étrangers peuvent occuper un emploi au Canada en vertu du Programme de mobilité internationale ou du Programme des travailleurs étrangers temporaires.

Ce dernier programme a été l’objet de vives critiques l’an dernier lorsqu’on a appris que certains employeurs — particulièrement des restaurants — ont pu abuser du système fédéral.

Les employeurs qui veulent embaucher des travailleurs étrangers doivent répondre aux exigences fédérales basées sur les études d’impact sur le marché du travail dans la région.

Ces études d’impact signifient que le gouvernement connaît les qualifications des travailleurs, mais près de 70 pour cent des travailleurs étrangers sont exemptés de ces exigences, en vertu du Programme de mobilité internationale.

«Depuis 2002, leur nombre a augmenté plus vite que celui des travailleurs assujettis à une étude d’impact sur le marché du travail», note le DPB. «De plus, dans 45 pour cent des cas en 2012, le gouvernement ne connaissait pas le niveau de compétences professionnelles des travailleurs étrangers, comparativement à 22 pour cent en 2002.»

La hausse du nombre de travailleurs étrangers a été généralisée dans toutes les provinces — seules la Colombie-Britannique et l’Alberta ont affiché un pourcentage plus élevé que la moyenne nationale en 2012. La plupart des travailleurs étrangers se concentrent en Alberta, en Colombie-Britannique, en Ontario et au Québec. «La part de l’Alberta a nettement augmenté depuis 2002, tandis que celle de l’Ontario a reculé de près de 15 points de pourcentage», note le rapport.

«Fait intéressant à souligner, l’importance relative des travailleurs étrangers dans la main-d’oeuvre semble plus élevée dans les petits centres que dans les grandes régions métropolitaines de recensement», indique-t-on.

L’étude du DPB rappelle aussi qu’un nombre important de travailleurs étrangers exerçant des professions peu spécialisées travaillent dans le secteur agricole, dans la restauration ou comme gardiennes d’enfants, gouvernantes et aides aux parents. «Ce sont des postes au bas de l’échelle salariale et les employeurs semblent avoir résisté à une hausse de la rémunération, ce qui les a forcés à faire appel à des chômeurs canadiens peu spécialisés ou à des travailleurs étrangers pour occuper ces postes», mentionne-t-on.

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