TORONTO – La population devrait être outrée que le Canada ait choisi de déporter plutôt que de poursuivre un Pakistanais soupçonné d’avoir comploté pour commettre des attentats terroristes en plein coeur de Toronto, soutient son avocat.

Il serait illogique et contre-productif de renvoyer Jahanzeb Malik au Pakistan, considérant les allégations selon lesquelles il serait un sympathisant du groupe armé État islamique, qui songeait à commettre des attentats à la bombe dans le quartier financier de la métropole et au consulat américain à Toronto, a estimé jeudi Me Anser Farooq.

Selon lui, il s’agit d’allégations extrêmement sérieuses, mais le Canada préfère malgré tout le déporter, s’est exclamé Me Farooq, en entrevue avec La Presse Canadienne. Il remet la décision en question, se demandant si ce choix — qu’il qualifie d’absurde — n’est pas plus dangereux que de le garder au pays.

L’Agence des services frontaliers du Canada a arrêté Malik, âgé de 33 ans, à Toronto lundi. L’homme, qui était arrivé au Canada en tant qu’étudiant en 2004 et qui est devenu résident permanent en 2009, demeure en détention en attendant la suite des procédures visant à déterminer s’il doit être déporté.

Me Farooq dit ne pas avoir de doutes sur le résultat de cette audience. Selon lui, il va recevoir un billet d’avion aller-simple pour le Pakistan, et l’on ne saura alors jamais si les allégations contre lui auraient été prouvées lors d’un procès criminel. En fait, le gouvernement envoie un message à ceux qui veulent commettre un acte terroriste au Canada, croit-il: tout ce qu’ils ont à faire est de s’assurer de ne pas détenir la citoyenneté canadienne.

Les autorités canadiennes ont jusqu’ici refusé d’expliquer leur décision d’utiliser les procédures d’immigration dans cette affaire, mais elles n’ont pas hésité à qualifier M. Malik de terroriste qui était prêt à fabriquer des bombes contrôlées à distance pour commettre des attentats en sol canadien.

Le ministre fédéral de la Justice, Peter MacKay, a refusé de s’immiscer dans l’affaire, jeudi, se contentant de dire que les discussions se poursuivaient quant à la décision de déporter M. Malik.

Lorne Waldman, un avocat de la défense qui s’est occupé de causes liées à la sécurité nationale, a estimé que la norme de la preuve lors des procédures d’immigration est beaucoup moins exigeante qu’en cour criminelle. Selon lui, si les autorités canadiennes avaient eu suffisamment de preuves pour accuser M. Malik, elles l’auraient fait.

M. Malik doit revenir devant la Commission de l’immigration et du statut de réfugié lundi pour la suite des procédures.

Dans une autre affaire semblable, les autorités canadiennes avaient décidé de poursuivre deux hommes qui auraient comploté pour faire dérailler un train de passagers entre New York et Toronto. Chiheb Esseghaier, doctorant tunisien au Québec, et Raed Jaser, résident permanent d’origine palestinienne habitant Mississauga, en Ontario, font face respectivement à cinq et quatre accusations liées au terrorisme. Les jurés au procès ont amorcé leurs délibérations mercredi, à Toronto.

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