Sean Kilpatrick Rob Nicholson. Sean Kilpatrick / La Presse Canadienne

OTTAWA – Le ministre des Affaires étrangères, Rob Nicholson, a prévenu jeudi que son gouvernement souhaitait obtenir l’appui de tous les partis aux Communes pour prolonger la mission militaire canadienne contre le groupe armé État islamique (ÉI) au Moyen-Orient.

Mais les néo-démocrates et les libéraux, qui optent plutôt pour l’aide humanitaire dans la région, font toujours preuve de scepticisme face à l’approche militaire des conservateurs dans ce conflit, qui a coûté la vie à un membre des forces spéciales canadiennes, tué par le «tir ami» d’alliés kurdes, dans le nord de l’Irak, au début du mois.

M. Nicholson a lancé cet appel à l’unité parlementaire jeudi, à Ottawa, devant des dizaines d’ambassadeurs d’autres pays membres de la coalition menée par les États-Unis pour en découdre avec l’ÉI.

Au cours de son premier discours aux Affaires étrangères, le successeur de John Baird a rappelé que les militants de l’ÉI constituent toujours une menace pour le Canada et ses alliés, une menace qui ne fera que s’accroître si elle n’est pas conjurée, a-t-il soutenu.

La veille, le premier ministre Stephen Harper avait déjà mis la table pour cette rhétorique, en annonçant qu’il demanderait la semaine prochaine au Parlement d’approuver «l’expansion et la prolongation» de la mission militaire canadienne au Moyen-Orient. Il n’a pas exclu que la mission canadienne puisse dépasser les frontières de l’Irak et se transporter en Syrie, au besoin.

M. Nicholson s’est dit «extrêmement fier» de la décision de son gouvernement de prolonger la mission militaire canadienne, et il a salué la «clarté morale» du premier ministre dans ce dossier.

«Je peux aussi vous annoncer qu’il demandera à tous les partis de serrer les rangs, à titre de Canadiens», a promis M. Nicholson aux ambassadeurs. «Il (M. Harper) leur demandera d’appuyer les actions de notre gouvernement pour briser et déstabiliser cette bande de voyous.»

Le porte-parole néo-démocrate en matière d’affaires étrangères, Paul Dewar, a précisé jeudi que son parti souhaite bien sûr protéger les civils contre les assauts des djihadistes, mais il accuse le gouvernement Harper de manquer de transparence sur ce qu’implique précisément la mission canadienne.

Le Parlement avait approuvé l’automne dernier, par 157 voix contre 134, la participation du Canada à la coalition, en déployant des avions de chasse sur place, mais en excluant tout combat au sol. La mission canadienne était limitée à des frappes aériennes en Irak et devait durer six mois — jusqu’au 7 avril prochain.

Or, on a appris depuis que l’armée avait déployé jusqu’à 69 membres des forces spéciales à titre de conseillers militaires auprès des forces kurdes, et que ces militaires canadiens avaient échangé des tirs avec des militants de l’ÉI. C’est au cours de l’une de ces missions que le sergent Andrew Joseph Doiron a été abattu par un «tir ami», le 6 mars, dans le Kurdistan irakien.

«Ils devront nous expliquer comment le Canada se retrouve aujourd’hui sur les lignes de front dans cette guerre, alors que nous n’avions pas pris part à l’invasion originale de l’Irak en 2003», a lancé M. Dewar.

La porte-parole libérale en matière de défense, Joyce Murray, a elle aussi estimé que le premier ministre Harper n’avait pas été «transparent et honnête» quant à l’ordre de mission réel des soldats canadiens au Moyen-Orient.

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