Jacques Boissinot / La Presse Canadienne Nicolas Marceau

QUÉBEC – Avec le rapport Godbout, le gouvernement libéral a trouvé le prétexte pour fouiller une fois de plus dans les poches des contribuables, soutient le Parti québécois.

«Proposer des baisses d’impôt aujourd’hui en contrepartie de la hausse des taxes, ça ne nous va pas. Ça ne nous convient pas», a déclaré le porte-parole du PQ en matière de finances, Nicolas Marceau, en point de presse, jeudi.

Le député de Rousseau estime que le rapport de la commission présidée par le fiscaliste Luc Godbout comporte des «propositions intéressantes» concernant l’impôt sur le revenu des particuliers et l’impôt sur le revenu des sociétés. Mais le PQ refusera de débattre de toute hausse de la TVQ ou des tarifs d’électricité, a-t-il prévenu.

«Il y a un cadre dans lequel nous sommes prêts à faire ce débat et ce cadre exclut toute hausse de la TVQ. Il exclut également les hausses importantes qui sont suggérées aux tarifs d’électricité de même que les hausses de taxe sur l’essence qui sont proposées sans qu’il y ait derrière cela une intention de réduire les gaz à effet de serre», a-t-il dit.

Le député François Bonnardel, de la Coalition avenir Québec (CAQ), a lui aussi rejeté la proposition d’augmenter le taux de la TVQ à 11 pour cent.

«Il faut baisser le fardeau fiscal des Québécois avant toute chose et Québec n’est pas une île isolée. Augmenter la TVQ (…) dans le contexte nord-américain n’est pas envisageable parce que nous avons la taxe la plus élevée quand on fait l’équation des provinces canadiennes et des États américains», a-t-il soulevé.

Néanmoins, la CAQ est prête à participer à un «débat national» sur le rapport Godbout, a ajouté le député de Granby, qui suggère la tenue d’une commission parlementaire pour étudier les 70 propositions du groupe de travail.

Quant à lui, le député de Mercier, Amir Khadir, s’est demandé pourquoi le gouvernement avait payé 2,5 millions $ pour se faire dire, dans un rapport, ce qu’il souhaitait entendre.

L’élu de Québec solidaire concède que la Commission propose «quelques bonnes idées» en matière de lutte à l’évasion fiscale, mais il lui reproche de faire porter un trop lourd fardeau à la classe moyenne.

Avec l’abolition de la taxe santé, le gouvernement donnerait «un cadeau de 1000 $ aux plus riches» et seulement «100 $ à la classe moyenne», a-t-il fait valoir pour illustrer ses dires.

«Cette même classe moyenne va se faire rattraper par la hausse des tarifs pour à peu près tout, y compris des couches pour les bébés. On es-tu rendu assez pauvres, au Québec, pour être obligés de taxer les couches pour les bébés?», a argué M. Khadir.

Selon lui, le rapport évite aussi «de faire contribuer les fortunes du Québec, la grande entreprise qui capte 80 pour cent des revenus déclarés des entreprises».

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