Justin Tang Patrick Brazeau. Justin Tang / La Presse Canadienne

GATINEAU, Qc – Lundi, au premier jour du procès du sénateur suspendu Patrick Brazeau, sa présumée victime a raconté en détail comment il l’aurait poussée dans les escaliers, avant de lui cracher au visage et de lui percuter la tête sur un mur lors d’une querelle violente, survenue il y a deux ans.

La femme, qu’on ne peut identifier, a livré son témoignage sur les événements de février 2013 qui ont mené à l’arrestation de Brazeau pour agression sexuelle et voies de fait contre une résidante de Gatineau.

Brazeau subit son procès devant juge seul. Le jeune sénateur, nommé par le premier ministre Stephen Harper en 2008, avait été expulsé du caucus conservateur dès son arrestation relativement à cette affaire. Quelques jours plus tard, il avait dû se retirer du Sénat, mais il a ensuite été suspendu par ses pairs de la chambre haute du Parlement.

L’accusé de 40 ans, qui a plaidé non-coupable, a fixé sa présumée victime tout le long de son récit, qui était par moment explicite et choquant.

Elle a raconté que, presque nue, elle avait dû s’agripper à la rampe de l’escalier, à l’extérieur, pendant que Brazeau la repoussait avec son pied. La rampe aurait finalement cédé avant qu’elle ne déboule les marches. Il aurait ensuite tenté de l’agresser sexuellement alors qu’elle gisait au sol.

La veille, Brazeau et la femme se seraient confrontés verbalement parce que le sénateur avait été extrêmement contrarié par un reportage télévisé sur une controverse impliquant une organisation autochtone qu’il dirigeait auparavant. Brazeau aurait tenté d’enregistrer le reportage, sans succès, et il a commencé à s’énerver, selon elle.

Il avait bu des martinis et un autre cocktail pendant qu’il consultait Twitter et envoyait des messages sur son téléphone portable, a-t-elle décrit. Elle n’a pas pu dire s’il était ivre à ce moment.

Il s’est frustré encore davantage lorsqu’il aurait reçu un message d’un des anciens amoureux de sa présumée victime qui lui demandait de rembourser l’argent qu’il devrait au Sénat.

Elle a quitté la pièce pour la soirée, mais il est revenu à la charge le lendemain matin avant qu’elle n’ait pu s’habiller.

Le témoignage de la femme était précédé de celui de Patrick Quinn, du Service de police de la Ville de Gatineau, qui a présenté des photographies judiciaires. Certains clichés montrent ce qui semblent être des blessures subies par la présumée victime — des ecchymoses et des marques rouges au dos, aux bras, aux poignets, aux épaules et aux genoux. D’autres photos, prises dans la résidence de trois étages, montrent des rampes d’escaliers endommagées.

Le juge a aussi pu voir deux pièces à conviction saisies par la police: un soutien-gorge dont une bretelle avait été brisée, et le bouton métallique d’un pantalon. La police a aussi retrouvé dans cette résidence la photographie, encadrée, de trois personnes, dont Brazeau et Stephen Harper — mais le visage du premier ministre avait été déchiré.

Le policier Quinn a indiqué au tribunal que selon lui, une dispute «avec une certaine violence» avait eu lieu dans cette résidence.

Les procédures ont été brièvement interrompues lorsque la Couronne a offert à la présumée victime de témoigner en l’absence des nombreux citoyens et journalistes qui se trouvaient dans la salle d’audiences, ce qu’elle a volontiers accepté. Mais la défense s’est opposée à cette requête, plaidant que beaucoup de rumeurs avaient circulé sur cette affaire, et que le témoignage de la présumée victime devait être public. Après une brève pause, le juge Valmont Beaulieu a rejeté la requête de la femme.

La présumée victime de Brazeau poursuivra son témoignage mardi.

La Couronne croit que le procès devrait durer trois jours en tout, pendant lesquels elle devrait interroger d’autres policiers.

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