Getty Images/iStockphoto

MONTRÉAL – La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), qui représente les PME canadiennes, a dévoilé lundi les résultats d’une étude susceptible de lancer une guerre de chiffres sur la rémunération des employés du secteur public, à tout le moins au Québec.

Selon cette étude, qui s’appuie sur les données de Statistique Canada, un employé du secteur privé gagnerait entre 2150 $ et 8150 $ de moins et travaillerait de trois à six heures de plus par semaine qu’un employé du secteur public. La FCEI soutient que l’écart de rémunération globale, c’est-à-dire en incluant les avantages sociaux, se situe entre 18 et 37 pour cent en faveur des travailleurs du secteur public, selon qu’ils oeuvrent au niveau provincial, fédéral ou municipal.

Fort de ces chiffres, l’organisme patronal conclut que les contribuables canadiens épargneraient 20 milliards $ par année si les fonctionnaires étaient rémunérés selon les normes du secteur privé.

Au Québec, l’étude de la FCEI en vient à la conclusion que les employés du gouvernement provincial ont des salaires plus élevés de 1,4 pour cent par rapport au secteur privé, mais que cet écart grimpe à 18,5 pour cent lorsqu’on y ajoute les avantages sociaux, ce qui permet à la Fédération d’affirmer que les demandes syndicales d’augmentations salariales de 13,5 pour cent sur trois ans ne sont «pas très respectueuses de la capacité de payer des contribuables».

Les conclusions de la FCEI sont diamétralement opposées à celles de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ).

La dernière étude de l’ISQ, publiée en novembre 2014, démontre qu’au plan de la rémunération globale, incluant les avantages sociaux, les employés du secteur public québécois sont loin derrière ceux des secteurs municipal (38,6 pour cent), fédéral (21 pour cent) et du secteur privé syndiqué (20,7 pour cent). En fait, seul le secteur privé non syndiqué vient derrière les employés de l’État québécois en termes de rémunération globale (9,8 pour cent).

Par contre, en termes de salaires seulement, les fonctionnaires provinciaux sont derrière tous les autres groupes analysés par l’ISQ, avec un retard variant de 3,5 pour cent par rapport au secteur privé non syndiqué à 21,6 pour cent par rapport au secteur fédéral.

L’étude de la FCEI vient s’ajouter à une collection de plus en plus riche.

En février dernier, l’Institut Fraser publiait une étude — aussi basée sur les données de Statistique Canada — dans laquelle il affirmait que les salaires des employés du secteur public au Québec étaient en moyenne 10,8 pour cent plus élevés que ceux du secteur privé.

L’étude du groupe de réflexion de droite ne faisait toutefois aucune distinction entre les employés des secteurs municipal, provincial et fédéral, dont les salaires varient grandement, et se disait incapable d’évaluer la rémunération globale.

Puis, en mai 2014, c’était au tour de l’Institut de recherche en économie contemporaine (IREC) de publier une étude dans laquelle il évaluait, lui, un retard de 7,3 pour cent du salaire horaire des employés de l’État québécois sur celui des travailleurs du secteur privé.

L’étude de l’IREC, intitulée «Évolution de la rémunération au Québec entre 1981 et 2012», se préoccupait toutefois davantage de questions beaucoup plus vastes et variées que les écarts de salaires entre groupes de travailleurs. Curieusement, l’IREC se basait lui aussi sur les données de Statistique Canada pour en arriver à des conclusions inverses de celles de l’Institut Fraser et de la FCEI.

Aussi dans National :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!