MONTRÉAL – L’Ordre des infirmières profite de la conjoncture actuelle, où plusieurs réformes s’annoncent dans le réseau de la santé, pour demander au ministère de préciser qu’il doit y avoir une «prestation sécuritaire des soins» en tout temps, c’est-à-dire un nombre suffisant d’infirmières et utilisées à leur plein potentiel.

La présidente de l’Ordre, Lucie Tremblay, a rencontré la presse, mardi à Montréal, pour exposer ses revendications à ce sujet.

De façon générale, elle plaide pour que l’on revienne à la base et que les équipes de soins soient formées en fonction des besoins des patients, non pas seulement en fonction d’impératifs budgétaires ou autres.

Mme Tremblay demande d’abord au ministère de la Santé et des Services sociaux de définir avec l’Ordre et les instances concernées des lignes directrices sur la prestation sécuritaire des soins infirmiers, et ce, dans l’ensemble des milieux de soins au Québec.

Ensuite, elle tient à ce que le ministère s’assure du respect de ces lignes directrices par les établissements de santé.

De même, elle veut que des indicateurs de qualité soient inscrits dans les ententes de gestion avec les établissements de santé.

Finalement, elle propose que les directrices des soins infirmiers puissent définir le nombre d’infirmières requises, les qualifications nécessaires et la composition de l’équipe de soins.

«On constate qu’à certains endroits, il y a une diminution du nombre d’infirmières pour soigner la population. Elles sont parfois remplacées par d’autres types de collaborateurs, qui n’ont pas nécessairement les mêmes connaissances ou la même expertise. Et nous, on croit qu’on doit travailler en collaboration interprofessionnelle, mais il faut s’assurer qu’on ait le professionnel qui a les connaissances, les compétences, l’expertise, l’expérience pour soigner le patient qui est devant lui. Et ce n’est pas interchangeable ces professionnels-là», a commenté Mme Tremblay.

Elle soutient que bien des erreurs médicales, des chutes de patients, des plaies pourraient être évitées s’il y avait une prestation de soins mieux définie, mieux encadrée.

Elle admet que la Loi sur la santé et les services sociaux stipule déjà qu’il doit y avoir une telle «prestation sécuritaire des soins». Toutefois, elle croit qu’il faut aller plus loin et donner au milieu les outils et les mécanismes pour l’assurer.

Mme Tremblay ne croit pas que le manque d’infirmières pose problème pour atteindre ces cibles de prestation sécuritaire des soins. Elle affirme même qu’elles sont en nombre suffisant si elles sont utilisées à bon escient. «En ce moment, il y a plus d’infirmières qui entrent dans la profession que d’infirmières qui quittent la profession. En ce moment, il y a une balance positive d’infirmières. (On ne dit pas qu’il faut) des infirmières mur à mur; on dit d’utiliser l’infirmière là où elle a une valeur ajoutée», a résumé Mme Tremblay.

La position de l’Ordre des infirmières a été saluée par une organisation syndicale, celle de la Fédération de la santé et des services sociaux, affiliée à la CSN.

«Avec sa proposition, l’OIIQ a notamment le mérite de rappeler que l’on doit viser à utiliser les compétences des infirmières de façon optimale, ce qui permettrait d’améliorer la prestation des soins à la population», a commenté dans un communiqué la vice-présidente de la FSSS-CSN, Nadine Lambert, elle-même infirmière.

Elle y voit un lien avec le fait que son organisation syndicale revendique d’améliorer les conditions de travail des infirmières «et ainsi leur permettre de mieux soigner la population».

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