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QUÉBEC – Les petites et moyennes entreprises (PME) demandent au gouvernement libéral de ne pas se laisser distraire par les «discours alarmistes sur l’austérité» et de garder le cap sur l’équilibre budgétaire.

La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) accentue la pression sur le gouvernement à quelques jours du dépôt du budget du ministre des Finances, Carlos Leitao, en principe le premier budget équilibré depuis 2008.

L’organisme a remis mardi au premier ministre Philippe Couillard près de 7500 lettres signées par autant de propriétaires de PME exhortant le gouvernement à ne pas dévier de sa route vers l’équilibre budgétaire.

En point de presse, la vice-présidente principale de la FCEI, Martine Hébert, a soutenu que le Québec ne pouvait plus se permettre de vivre au-dessus de ses moyens.

«On ne peut plus continuer à vivre dans un système où on dépense plus que ce qu’on est capable de générer comme richesse, a affirmé Mme Hébert. Ce qu’on souhaite, c’est que le gouvernement maintienne le cap sur le déficit zéro le plus rapidement possible pour qu’on puisse demeurer maîtres de nos choix au Québec.»

En outre, les PME invitent Québec à ne pas céder aux exigences des syndicats du secteur public qui réclament des hausses salariales de 13,5 pour cent sur trois ans, soit 4,5 pour cent par année.

La FCEI demande cependant au ministre Leitao d’alléger le fardeau fiscal des PME en échange d’un «grand ménage» dans la liste des crédits d’impôt et des programmes de subvention aux entreprises.

«Plutôt que ce soit le gouvernement qui nous dicte, à travers des mesures ciblées comme des crédits d’impôt et des subventions, là où on devrait investir, (on dit) donnez nous la marge de manoeuvre fiscale nécessaire pour que nous soyons en mesure de faire nos propres choix comme chefs d’entreprises», a dit Mme Hébert.

Sur le plan politique, l’opposition péquiste demande au ministre Leitao d’assortir son budget d’un plan solide de relance pour doper la croissance économique.

Le porte-parole du Parti québécois en matière de finances, Nicolas Marceau, estime que l’année budgétaire à venir, celle du retour à l’équilibre budgétaire, sera marquée par des coupes «sévères» dans les services publics.

Avec un taux de croissance des dépenses à 0,7 pour cent, le gouvernement n’aura d’autre choix que de sabrer encore davantage en santé et en éducation, selon lui.

«Les dépenses en santé vont être sévèrement contraintes cette année et les dépenses en éducation vont être sévèrement contraintes. Ce qu’on a vécu jusqu’à maintenant, ce n’est rien à comparer de ce qu’on va vivre dans l’année qui vient», a-t-il prédit.

Le député de Rousseau redoute aussi que le gouvernement libéral utilise le récent rapport Godbout sur la fiscalité comme prétexte pour augmenter la TVQ, une option à laquelle s’oppose catégoriquement le PQ.

De plus, M. Marceau s’inquiète de l’utilisation que fera le gouvernement des «réserves» de 881 millions $ pour l’année 2015-2016 et de 1,4 milliard $ pour l’année suivante qu’il a engrangées.

«Le Vérificateur général constatait que l’usage de ces réserves n’avait pas été expliqué ni dans le budget de l’année dernière ni dans la mise à jour. Le Vérificateur général appelle de ces voeux une clarification et une transparence sur cette question-là, et évidemment nous appelons aussi à cette transparence. Nous voulons savoir à quoi ça va servir», a dit M. Marceau.

De son côté, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a reproché au gouvernement libéral d’avoir poursuivi son objectif de retour à l’équilibre budgétaire «sur le dos de la classe moyenne en reniant des promesses concernant les augmentations de taxe municipale, taxe scolaire, tarif de garderie (et) tarif d’électricité».

M. Legault souhaite que le ministre Leitao fasse maintenant preuve «d’ambition» et qu’il profite de la baisse du dollar canadien pour adopter des mesures de relance du secteur manufacturier.

«C’est le temps de mettre le paquet dans le secteur manufacturier. On le sait, 88 pour cent des exportations, c’est dans le secteur manufacturier. C’est le temps d’investir, d’appuyer le secteur manufacturier. C’est comme ça qu’on peut créer de la richesse au Québec et réduire notre écart avec l’Ontario», a déclaré le leader de la CAQ.

L’écart de richesse du Québec est de 15 pour cent avec l’Ontario, 27 pour cent avec le reste du Canada et 46 pour cent avec les États-Unis, a relaté M. Legault.

«Pourquoi? Parce qu’on a des emplois qui sont de moins bonne qualité que les emplois chez nos voisins canadiens et américains. Donc, il faut changer la situation, il faut donner un coup de barre. Or, depuis l’arrivée de M. Couillard au pouvoir, au lieu de réduire ces écarts, ces écarts ont augmenté», a-t-il avancé.

Chez Québec solidaire, les priorités sont entendues: le gouvernement libéral doit enfin se préoccuper des populations les plus vulnérables.

L’achat groupé de médicaments par l’État et un retour de la taxe sur le capital des institutions financières et des banques dégageraient une marge de manoeuvre de plus de 2 milliards $ par année, selon la cochef Françoise David.

«En allant chercher 1,5 milliard $ au niveau du gaspillage qui est fait pour les médicaments, en allant chercher 800 millions $ dans la taxation des banques et institutions financières, on en ramasse de l’argent, et avec ça, on peut améliorer les services», a-t-elle dit.

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