OTTAWA – La décision «absurde» de Washington de placer Cuba sur une liste de pays financeurs du terrorisme est l’un des nombreux obstacles à la reprise des relations entre les deux pays, a affirmé l’ambassadeur cubain au Canada, Julio Garmendia Pena, lors d’un discours prononcé lundi soir à l’université Carleton.

C’était l’une des rares apparitions en public d’un diplomate cubain depuis l’annonce historique, le 17 décembre, de la reprise des relations entre les États-Unis et Cuba après 53 ans d’embargo américain. Les deux gouvernements étaient ennemis depuis la Révolution cubaine en 1959.

C’est le Canada qui a accueilli les discussions historiques qui ont mené à la réconciliation initiale entre Washington et La Havane. Ces discussions ont été gardées secrètes jusqu’à ce que le président américain Barack Obama les révèle il y a trois mois.

M. Pena a donné peu de détails sur le rôle du Canada, sauf en disant qu’Ottawa avait été un bon endroit pour fuir l’attention indiscrète des médias.

Rien n’a filtré dans la presse, a-t-il fait remarquer lundi à l’audience qui comprenait de nombreux diplomates étrangers, des universitaires, des responsables des Affaires étrangères et le second chef de l’armée canadienne.

Depuis ces rencontres, malgré trois rondes de discussion dont les détails ont été gardés confidentiels, il n’y a eu aucun progrès vers des mesures concrètes, telles que rouvrir des ambassades ou retirer Cuba d’une liste du département d’État de nations qui financent le terrorisme.

«C’est insensé. Cuba est (sur cette liste) depuis plus de 20 ans», a-t-il plaidé, ajoutant souhaiter que M. Obama verrait à ce que son pays en soit retiré «très bientôt».

M. Pena a aussi répété les critiques de son président, Raul Castro, à l’effet que les États-Unis aient choisi de considérer le Venezuela, le plus grand allié et partenaire commercial de Cuba, comme un ennemi. Cette décision de Washington, qui comprend des sanctions contre sept citoyens vénézuéliens, soulève des doutes sur la possibilité de rapprochements avec Cuba.

«C’est, encore une fois, insensé parce que vous pouvez comprendre que le Venezuela ne représente pas une menace pour les États-Unis», a-t-il fait valoir.

Le mois dernier, le Canada a critiqué le Venezuela pour la mort d’un adolescent pendant une manifestation, affirmant qu’il s’agissait d’une «attaque contre la liberté d’expression». Le gouvernement Harper a aussi critiqué Cuba pour sa performance en matière de droits humains, entre autres pour l’emprisonnement d’un homme d’affaires ontarien de 74 ans.

Sans mentionner ce cas précis, M. Pena a admis que son pays n’était pas toujours sur la même page que le Canada, mais que leurs relations étaient généralement bonnes.

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