QUÉBEC – Le gouvernement Couillard donne suite à l’affaire Adil Charkaoui: il veut encadrer la location de locaux à des imams et des groupes religieux dans les cégeps.

Le ministre de l’Éducation, François Blais, a annoncé en Chambre, mardi, la mise en place d’un groupe de travail pour y réfléchir, toutefois son mandat et sa composition sont encore vagues, selon ce qu’a appris La Presse Canadienne.

Adil Charkaoui est cet imam controversé qui a eu de nombreux démêlés avec les autorités. En février, on apprenait que des étudiants québécois qui l’avaient fréquenté étaient partis faire le djihad en Syrie. Les cégeps Maisonneuve et Rosemont, à Montréal, où il louait des locaux, ont alors suspendu les baux de location, et l’imam a alors menacé de les poursuivre. Il a finalement pu reprendre son prêche au collège Maisonneuve, mais sous la surveillance d’un observateur. M. Charkaoui a toujours maintenu qu’il ne faisait qu’enseigner l’arabe et le Coran.

L’opposition pressait le gouvernement Couillard d’agir depuis plusieurs semaines, afin de donner des balises aux établissements d’enseignement concernant les accommodements raisonnables.

La semaine dernière, quand le ministre Blais avait appris qu’Adil Charkaoui pouvait recommencer à prêcher, il avait avoué être «perplexe», mais avait différé sa réponse à l’opposition péquiste, le temps de faire des vérifications.

Mardi, à la période de questions, la porte-parole péquiste, Véronique Hivon, a déploré que les «directions de cégep sont complètement laissées à elles-mêmes face à des situations si problématiques» et même des menaces de poursuite.

«Que font-elles? À qui peuvent-elles louer? Elles en sont rendues à mettre des observateurs dans la classe pour pouvoir traduire les propos qui sont dits en arabe», a-t-elle dit.

Le ministre lui a donné raison et a dit qu’il avait eu des entretiens avec la Fédération des cégeps à ce propos. Il a ensuite expliqué qu’un groupe de travail devra clarifier la question, mais sans entrer dans les détails.

«Il y a un enjeu en ce moment pour les directions de cégep de clarifier les circonstances, les règles par lesquelles ils peuvent louer, dire oui ou dire non à des locations. Et j’ai mandaté un groupe de travail au ministère en collaboration avec la Fédération des cégeps pour qu’on examine cela d’un peu plus près», a-t-il dit.

L’attachée de presse du ministre n’en savait guère davantage en fin de journée. Julie White s’est bornée à préciser que des représentants du ministère de l’Éducation et de la Fédération des cégeps feront partie du groupe de travail, sans plus. On ignore combien de personnes le composeront, si le groupe devra rendre un rapport, et à quelle échéance, quelles seront les pistes à examiner, etc.

«On est au début du processus, a-t-elle dit en entrevue téléphonique. (…) C’est un peu tôt pour établir toutes les modalités du groupe de travail.»

Mme White a toutefois rappelé que selon les règles actuelles, les cégeps doivent rendre leurs locaux disponibles à la communauté, pour tous types d’activités, culturelles, sportives, etc., mais elles «doivent se dérouler en accord avec les valeurs et le code de vie de l’établissement».

Adil Charkaoui a déjà eu des ennuis aussi avec le Service canadien du renseignement de sécurité. Il a combattu avec succès deux certificats de sécurité émis contre lui par le gouvernement canadien, afin de le renvoyer dans son pays d’origine, le Maroc. Les autorités le soupçonnaient d’être un «agent dormant» du réseau terroriste al-Qaïda.

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