MONTRÉAL – Postes Canada a grandement amélioré sa situation financière en un an et déclare un bénéfice avant impôt de 194 millions $ pour son exercice 2014.

Ce bénéfice se compare à une perte avant impôt de 125 millions $ pour l’exercice précédent.

À l’occasion de la publication de son rapport annuel, vendredi, Postes Canada a attribué ce revirement spectaculaire à trois facteurs: la hausse de ses tarifs, l’accroissement du secteur de livraison des colis et la baisse des coûts reliés aux avantages de ses employés, particulièrement en ce qui a trait au régime de retraite.

Ces résultats prouvent, selon Postes Canada, la pertinence de son plan d’action. Postes Canada avait annoncé, en décembre 2013, une stratégie en cinq points, qui prévoyait notamment une hausse importante du coût des timbres ainsi que la fin de la livraison du courrier à domicile d’ici cinq ans et son remplacement par des boîtes postales communautaires.

Pour Postes Canada, les tendances lourdes se poursuivent, à savoir la baisse du secteur postes-lettres et la hausse du secteur colis, grâce aux achats en ligne.

Par exemple, le secteur appelé Courrier transactionnel, qui représente essentiellement l’envoi de lettres et factures, a baissé de 5,2 pour cent par rapport à 2013, soit 214 millions d’articles en moins.

Toutefois, la hausse des tarifs, le 31 mars 2014, a permis d’atténuer grandement les effets de cette perte de volume, puisque les revenus du secteur Courrier transactionnel se sont tout de même accrus de 238 millions $, ou 8 pour cent entre 2013 et 2014.

À l’opposé, le secteur Colis atteint des sommets. Ainsi, les revenus totaux de Postes Canada se sont établis à 1,5 milliard $ pour ce secteur, soit une hausse de 120 millions $. Et le volume de colis transportés et livrés a crû de 7 millions d’articles par rapport à 2013.

«Ce qu’on va voir au cours des prochaines années, c’est l’érosion du courrier qui va se poursuivre. Alors nous, on doit continuer à mettre de l’avant notre plan d’action et, justement, la conversion aux boîtes postales communautaires est un élément important du plan, qui va assurer la viabilité à long terme» du service des postes, a commenté en entrevue vendredi Annick Losier, directrice des relations avec les médias pour Postes Canada.

Il n’est donc pas question de ralentir ou moduler le plan d’action, bien que celui-ci ait déjà permis à la société de revenir à la rentabilité. «L’avenir du service postal ne peut être assuré qu’en complétant les cinq points», a souligné Mme Losier.

Ce plan d’action de Postes Canada, annoncé le 13 décembre 2013, prévoyait non seulement la fin de la livraison du courrier à domicile et la hausse des tarifs, mais aussi un ajout de bureaux de postes concessionnaires, une rationalisation des activités et une réduction des coûts de main-d’oeuvre. La société prévoyait alors réduire ses effectifs de 6000 à 8000 postes «principalement au moyen de l’attrition».

Fait à noter, elle prévoyait alors que «la réalisation du plan permettra à Postes Canada de retrouver son autonomie financière d’ici 2019».

Au début de 2015, environ 1 million de ménages avaient été convertis aux boîtes postales communautaires ou avaient été avisés qu’ils le seraient durant l’année.

Quant au Groupe d’entreprises de Postes Canada, qui regroupe à la fois le secteur postes et les filiales Purolator, SCI et Innovaposte, il a enregistré pour l’exercice 2014 un bénéfice avant impôt de 269 millions $ comparativement à une perte de 58 millions $ pour l’exercice 2013.

À Ottawa, l’opposition néo-démocrate a carrément qualifié de «fumisterie» la fin de la livraison du courrier à domicile dans le contexte actuel. «Les résultats financiers de Postes Canada démontrent noir sur blanc que la fin de la livraison du courrier à domicile n’était pas une mesure nécessaire», écrit le Nouveau Parti démocratique dans un communiqué.

«Postes Canada est une société rentable et la fin de la livraison du courrier est une décision idéologique et non financière. Nous en avons la preuve flagrante aujourd’hui», a commenté le porte-parole du NPD pour Postes Canada, Alexandre Boulerice.

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