Hassan Ammar Mohamed Fahmy. Hassan Ammar / The Associated Press

Le journaliste canadien qui subit un procès en Égypte a exprimé sa surprise et sa colère devant le refus du gouvernement fédéral de lui délivrer un passeport alors qu’il attend toujours de connaître son sort.

Mohamed Fahmy — qui est né en Égypte et a immigré au Canada à l’adolescence avec sa famille — a dit que les autorités égyptiennes avaient saisi son passeport lorsqu’il a été arrêté au Caire en décembre 2013 et ne le lui ont jamais remis.

L’homme âgé de 40 ans — qui a été détenu pendant plus d’un an dans un cachot égyptien — tente de s’en procurer un nouveau depuis qu’il a été libéré sous caution en février. Il a indiqué qu’il avait franchi toutes les étapes nécessaires pour faire une demande.

«Je suis désemparé. Le fait de marcher sans un passeport canadien représente un danger pour ma sécurité, a-t-il dit au cours d’une interview qu’il a accordée depuis Le Caire. Je ne sais plus quoi faire.»

La question du passeport de M. Fahmy a fait irruption lors de sa dernière audience au tribunal. Le juge a donné son aval à l’ambassade canadienne pour lui délivrer un nouveau passeport dès que le journaliste aura signé un rapport de police faisant état de la perte de ce document.

M. Fahmy est resté pendant six heures à un poste de police afin d’obtenir ce rapport. Il a soumis tous les documents nécessaires à l’ambassade mais Passeport Canada lui a envoyé une lettre qui lui a fait l’effet d’une douche froide.

La lettre, dont La Presse Canadienne a obtenu copie, explique que les règles concernant les passeports exigent «le respect des restrictions en matière de déplacements imposées par un tribunal». Or, une des conditions de la libération sous caution de M. Fahmy est l’interdiction de voyager.

«Passeport Canada va vous procurer un document de voyage dès que la cour nous avisera que vous en avez besoin d’un, que votre passeport actuel est perdu et que les restrictions en matière de déplacement ont été levées», peut-on lire dans la lettre.

Interrogée à ce sujet à la Chambre des communes, la ministre fédérale des Affaires consulaires, Lynne Yelich, a déclaré qu’un passeport sera délivré à M. Fahmy «dès qu’il pourra voyager».

Le porte-parole en matière d’Affaires étrangères du NPD, Paul Dewar, a dénoncé le rôle du gouvernement conservateur dans ce dossier. «Le gouvernement n’a pas seulement abandonné M. Fahmy en Égypte. Il a complètement échoué à lui fournir une aide de base, a-t-il déclaré. Veut-on le voir revenir au pays ? Je l’espère mais en attendant, pourquoi ne pas lui délivrer un passeport.»

À l’emploi d’Al-Jazeera, M. Fahmy a été condamné à sept ans de prison au terme d’un procès qui a été critiqué à l’échelle mondiale. Il a pu interjeter appel et un nouveau procès a été ordonné.

M. Fahmy a dit qu’il a été récemment arrêté à un point de contrôle de la police au Caire et détenu pendant 30 minutes parce qu’il n’avait pas de pièce d’identité officielle. Tout ce qu’il pouvait montrer aux policiers, a-t-il ajouté, était une lettre de l’ambassade canadienne confirmant sa citoyenneté. «Je respecte la loi mais on peut faire une exception car ce n’est pas une question bureaucratique. Je suis très frustré.»

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