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MONTRÉAL – Le comité exécutif qui dirigeait l’Association pour une solidarité syndicale étudiante a dû démissionner, au cours du congrès du week-end dernier. Et, mécontents, les participants au congrès l’ont tout de même destitué de ses fonctions, même après sa démission.

Le coeur du litige est une lettre qui avait été soumise à la réflexion, sur le site web de l’ASSÉ, et qui évoquait la possibilité de suspendre la grève ce printemps pour mieux la relancer l’automne prochain, en compagnie des syndicats des secteurs public et parapublic.

Or, les participants au congrès n’ont pas apprécié le moment où cette lettre a été divulguée et y ont vu un effet démobilisant, parce que son contenu n’avait pas encore été discuté en congrès, a expliqué au cours d’une rencontre avec la presse, lundi matin, Hind Fazazi, porte-parole intérimaire de l’ASSÉ.

«On considère que c’est tous et toutes ensemble, en congrès réunis, qu’on doit prendre des décisions par rapport à la lutte à venir. Et cette lettre-là, en ce sens, n’était absolument pas la bienvenue. C’est ce qui explique la destitution symbolique, même après la démission en bloc de l’exécutif de l’ASSÉ», a expliqué Mme Fazazi. «On aurait préféré garder ça entre nous», a-t-elle ajouté.

Un comité de transition dirigera l’ASSÉ jusqu’à la tenue du congrès annuel, les 25 et 26 avril.

Entre-temps, le plan d’action qui a été adopté lors du congrès du week-end dernier prévoit «diverses manifestations et perturbations qui s’étalent de la semaine prochaine à la manifestation action-climat, qui vont jusqu’à l’été», a précisé Mme Fazazi.

La porte-parole intérimaire a également parlé de «la nécessité de renvoyer un appel à la mobilisation et à la continuation de la grève». Il appartiendra toutefois à chaque association étudiante membre de l’ASSÉ de décider si elle reconduit ou non son mandat de grève, a rappelé Mme Fazazi. «Ce sont nos associations locales membres qui sont souveraines et ce sont elles qui vont avoir à reconduire ou ne pas reconduire la grève lors de la semaine prochaine».

L’Association facultative étudiante des sciences humaines (AFESH) de l’UQAM, membre de l’ASSÉ, sera d’ailleurs la première à se prononcer sur le sujet puisqu’elle tiendra son assemblée générale de reconduction de la grève lundi, à 15h. La plupart des autres associations étudiantes tiendront leur assemblée générale de reconduction mardi.

L’ASSÉ doit également «organiser une manifestation nationale contre les arrestations, les expulsions (d’étudiants) et la répression politique».

Cette grève étudiante vise à protester contre les politiques d’austérité du gouvernement Couillard et les hydrocarbures.

Mme Fazazi a également dénoncé «la violence médiatique» à l’endroit des étudiants, notant qu’il en avait été beaucoup question au congrès du week-end dernier.

Invitée à préciser ce qu’elle entendait par cette expression, elle a élaboré: «à Québec, la violence médiatique, c’est les radios poubelles qui se présentent aux piquets de grève pour se faire passer pour des étudiants et étudiantes en grève et intimider ces derniers et ces dernières et appeler la police. La violence médiatique, c’est le fait de ne pas connaître nos revendications, de ne pas voir le sens qu’on donne à ces dernières et à dire qu’on n’en a pas. C’est ça la violence médiatique.»

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