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QUÉBEC – Pierre Karl Péladeau a fait fi de la ligne de parti, mardi, sur l’enjeu controversé de la démocratie étudiante, mais a dû par la suite corriger le tir.

Alors que l’opposition péquiste demande au gouvernement de reconnaître et d’encadrer le droit de grève des étudiants, le candidat pressenti comme favori dans la course à la direction du Parti québécois a d’abord fait savoir qu’il s’y objectait.

«C’est aux étudiants de déterminer la façon dont ils entendent mener leur démocratie», a soutenu M. Péladeau dans un point de presse mardi avant d’entrer à la séance du caucus péquiste au parlement, sans jamais employer les mots «droit de grève», même si les journalistes le questionnaient à ce propos. Il répondait plutôt sur le «droit de manifester», tout en insistant sur le fait que le gouvernement ne devrait pas s’en mêler.

«Je vois mal comment on pourra imposer des cadres aux étudiants. La démocratie doit faire son chemin», a-t-il poursuivi, tout en indiquant que les élus péquistes étaient en discussion sur ce sujet.

Or, pas plus tard que la semaine dernière, le Parti québécois publiait un communiqué pour exiger du gouvernement qu’il mette fin au laisser-aller après le saccage à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Le chef intérimaire péquiste Stéphane Bédard demandait que la démocratie étudiante soit reconnue, «y compris le droit de grève, qui implique un encadrement», pouvait-on lire.

Devant les contradictions évidentes entre la position officielle du PQ et celle de M. Péladeau, l’équipe du candidat vedette a diffusé à peine deux heures plus tard en après-midi un communiqué pour faire volte-face.

«J’estime que la démocratie étudiante doit être reconnue, y compris le droit de grève, ce qui implique un meilleur encadrement et une reconnaissance, a-t-il affirmé dans cette déclaration écrite. De telles règles sont nécessaires pour le respect des droits de toutes les parties de la communauté étudiante. Ce gouvernement nous a démontré qu’il n’agit pas par consensus mais qu’il dicte les décisions. Il n’est pas question d’imposer quoi que ce soit aux étudiants. Il faut d’abord s’assurer que le gouvernement reconnaisse l’existence même du droit de grève.»

Il a néanmoins tenté de récupérer sa position initiale selon laquelle «on ne peut imposer un cadre aux étudiants sans qu’il y ait de consensus et des consultations», afin que la démocratie étudiante soit «entièrement préservée».

Plus tôt dans la journée, mardi, une autre candidate à la direction du Parti québécois, Martine Ouellet, a proposé de reconnaître le droit de grève des étudiants, mais de le baliser par la tenue d’un vote secret et de l’envoi d’un préavis suffisant avant la tenue de ce vote.

Au cours d’une rencontre avec la presse, à Québec, Mme Ouellet a dit estimer que la tenue d’un tel vote secret et d’un préavis suffisant étaient «nécessaires» dans le contexte où l’on reconnaîtrait formellement ce droit de grève des étudiants. «Ça va permettre d’équilibrer ce qui se passe», a-t-elle jugé.

La députée de Vachon n’a pas voulu s’avancer davantage quant à savoir s’il devrait y avoir un vote électronique ou la tenue d’assemblées formelles des étudiants, estimant qu’il appartenait aux associations étudiantes de gérer leur démocratie interne au-delà de ces conditions.

Mme Ouellet a rappelé que la reconnaissance du droit de grève des étudiants, avec des balises, avait été recommandée par le rapport Ménard qui portait sur la crise étudiante du printemps 2012. De toute façon, cette reconnaissance du droit de grève des étudiants était «implicite depuis 1957», a-t-elle noté.

La députée péquiste a par ailleurs critiqué le ministre de l’Éducation, François Blais, lui reprochant de jeter de l’huile sur le feu en encourageant les directions d’université à recourir à des injonctions pour permettre la tenue des cours malgré le boycottage de groupes d’étudiants.

Il y a quelques jours, le ministre Blais a rejeté cette option de reconnaître le droit de grève des étudiants et de le baliser.

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