QUÉBEC – La pression s’accentue sur le gouvernement conservateur de Stephen Harper pour qu’il s’engage avec les provinces dans la lutte aux changements climatiques.

Au terme d’un sommet réunissant mardi à Québec la plupart des premiers ministres provinciaux, le chef du gouvernement québécois, Philippe Couillard, a appelé son vis-à-vis fédéral à se mette immédiatement au travail.

«On lance un appel au gouvernement fédéral pour s’engager activement avec les provinces et territoires, immédiatement, avec des travaux techniques sur la méthodologie de fixation des cibles, sur le trajet qui nous amène à la réunion des ministres de l’Environnement (en juin à Winnipeg) et aux étapes suivantes jusqu’à Paris», a déclaré le premier ministre, au nom de ses collègues, à l’issue des travaux du sommet.

Il importe, selon M. Couillard, que le gouvernement fédéral commence dès maintenant le travail de «concertation» avec les provinces pour présenter des «cibles fiables» de réduction des gaz à effet de serre (GES) en décembre à la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques, à Paris.

«La cible qui doit être donnée à Paris, c’est la cible du Canada. C’est le Canada qui parle sur la scène internationale à ce sujet. Mais pour arriver à cette cible, il faut absolument qu’il y ait une participation active des provinces et des territoires sinon c’est impossible, a expliqué le premier ministre. On doit le faire dès maintenant, il aurait fallu le faire plus tôt, mais il faut le faire dès maintenant surtout avec des travaux techniques.»

La veille, M. Couillard avait critiqué l’attentisme du gouvernement fédéral dans la lutte aux GES et son ministre de l’Environnement, David Heurtel, en a remis mardi.

Depuis la Conférence des ministres de l’Environnement à Charlottetown en septembre 2014, les appels à la collaboration du gouvernement fédéral sont demeurés vains, a déploré M. Heurtel.

«Rien, on n’a eu aucune réponse, a-t-il dit. C’est un partenaire désiré qui est absent.»

La rencontre de Québec s’est déroulée en l’absence notable du premier ministre Jim Prentice de l’Alberta, province responsable de 36 pour cent des émissions de GES au pays, principalement en raison de l’exploitation des sables bitumineux.

M. Prentice, tout comme son homologue de l’Île-du-Prince-Édouard, Wade MacLauchlan, a été retenu chez lui pour cause d’élections. La première ministre de la Colombie-Britannique, Christy Clark, a pour sa part participé à des échanges par téléphone, son agenda ne lui permettant pas, apparemment, de se déplacer jusqu’à Québec.

Dans une déclaration commune, les premiers ministres se sont notamment engagés à «assurer la transition vers une économie plus faible en carbone» par des moyens qui peuvent inclure «l’instauration d’un prix carbone, le captage et le stockage de carbone».

Les provinces se sont aussi engagées à «mettre en oeuvre des politiques visant à réduire les émissions de GES», lesquelles peuvent inclure l’approfondissement de connaissances sur les changements climatiques, l’amélioration de l’efficacité énergétique, la conservation de l’énergie ou l’utilisation de ressources propres et renouvelables.

Les provinces n’ont pas voulu identifier une méthode idoine et uniforme pour lutter contre les changements climatiques. Le Québec et l’Ontario ont choisi le mécanisme de plafonnement et d’échange des émissions de GES avec la Californie, alors que la Colombie-Britannique a opté pour une taxe.

«On a pu tenir compte des circonstances différentes des provinces et des territoires, de la géographie, de l’économie et prendre conscience des approches différentes qui nous permettent d’arriver au même objectif. (…) Il y a plusieurs approches possibles, ce n’est pas un cas où le mur à mur se justifie, il y a plusieurs façons d’arriver au même résultat», a dit M. Couillard.

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