Chris Young/The Canadian Press Justin Trudeau.

OTTAWA – Le chef libéral Justin Trudeau promet qu’il n’augmentera pas les impôts de la classe moyenne, mais ne ferme pas la porte à des hausses pour les mieux nantis ou les grandes entreprises.

«Comme je l’ai dit depuis le début, nous ne sommes pas intéressés à hausser les impôts pour la classe moyenne. Je trouve que c’est important d’aider les gens qui en ont besoin et c’est ça qu’on est en train de regarder», a-t-il déclaré mercredi.

Mais puisque les conservateurs ont choisi d’investir «dans de l’aide pour les mieux nantis», cela «nous laisse de la place pour réaligner de façon responsable les investissements de l’État», a ajouté M. Trudeau lors de sa rencontre hebdomadaire avec la presse parlementaire.

Invité à préciser sa pensée sur la possibilité que son parti puisse proposer des hausses d’impôt pour les plus fortunés ou les grandes sociétés, il s’est contenté de dire qu’il dévoilerait «en temps et lieu un plan responsable qui va répondre à toutes ces questions».

S’il a préféré attendre avant de se commettre dans ce dossier précis, comme il l’a souvent fait au cours des derniers mois, Justin Trudeau a clairement commencé à ouvrir son jeu dans la foulée de la présentation du budget fédéral.

«Maintenant qu’on a une meilleure idée d’où se trouvent les finances de notre pays, nous allons pouvoir parler plus de notre vision», a-t-il expliqué mercredi.

En l’espace de quelques heures à peine, le chef du Parti libéral du Canada (PLC) a en effet multiplié les prises de position spécifiques.

M. Trudeau a ainsi annoncé mercredi qu’il maintiendrait la baisse du taux d’imposition des petites et moyennes entreprises (PME), qui passerait progressivement de 11 à 9 pour cent.

«Le Parti libéral croit en l’importance de soutenir les petites et moyennes entreprises. (…) Nous n’annulerons certainement pas la baisse d’impôt», a-t-il exposé.

«Par contre, nous avons des préoccupations quant à son implantation, car plusieurs études ont démontré que cela bénéficie de façon disproportionnée, dans certains cas, aux Canadiens les plus fortunés», a précisé le député de Papineau.

Ces engagements s’ajoutent à ceux qu’il avait dévoilés la veille peu après la présentation de l’exercice financier signé par le ministre des Finances, Joe Oliver.

Mardi, Justin Trudeau promettait qu’un gouvernement libéral élu présenterait un budget équilibré et renverserait l’augmentation du plafond annuel de cotisation à un Compte d’épargne libre d’impôt (CÉLI).

Son vis-à-vis néo-démocrate, Thomas Mulcair, avait lui aussi décrié le fait que ce plafond annuel passerait de 5500 $ à 10 000 $, une mesure qui favorise selon lui — et le directeur parlementaire du budget est du même avis — les ménages les plus fortunés de la société.

Il a d’ailleurs vigoureusement critiqué une déclaration faite à ce sujet par le ministre Oliver au cours d’une entrevue accordée au réseau anglais de Radio-Canada.

«J’ai entendu qu’en 2080, on pourrait avoir un problème avec ça. Alors pourquoi ne pas laisser la petite-fille du premier ministre Stephen Harper régler ce problème?», a lâché M. Oliver quand l’animatrice lui a demandé si le gouvernement conservateur ne risquait pas d’hypothéquer les générations futures avec cette mesure.

Le chef néo-démocrate s’est dit «choqué» d’entendre ces mots sortir de la bouche du grand argentier du gouvernement fédéral.

« Moi, j’ai une petite-fille. Moi, je vais tout faire pour régler les problèmes d’équité intergénérationnelle. C’est une première priorité pour le NPD», a-t-il affirmé en point de presse.

Aussi dans National :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!