collaboration spéciale The Economist (Grande-Bretagne), 17 avril 2015

Chaque semaine, Influence Communication surveille et analyse pour Métro la couverture internationale du Québec dans 160 pays du monde et en 22 langues.

Durs coups dans les dernières semaines pour la religion catholique au Québec: le jugement du plus haut tribunal du Canada quant à la prière avant le conseil municipal de Saguenay et le décès de Mgr Turcotte marquent la scène médiatique de deux façons bien distinctes.

D’abord, la décision de la juge en chef McLachlin et des juges LeBel, Abella, Rothstein, Cromwell, Moldaver, Karakatsanis, Wagner et Gascon rejetant la pratique de la prière dans les conseils municipaux met fin à une vraie saga judiciaire. Dès que l’affaire concernant Jean Tremblay, le maire de Saguenay, et sa prière a été conclue, la nouvelle a été reprise à l’international. Si le maire Tremblay avait pris l’habitude dans les derniers mois de faire les nouvelles internationales pour ses propos, cette fois-ci on parle plutôt du jugement lui-même.

Une vingtaine d’éléments de nouvelle ont rapidement été produits sur le sujet dans le monde, dont un long article en ligne du très réputé The Economist. Les États-Unis, quelques pays européens et la Turquie ont aussi parlé de la décision de la Cour suprême du Canada. À titre de comparaison, plus de 400 articles ont été publiés dans les quotidiens canadiens sur le sujet.

En ce qui concerne les articles publiés sur le maire Jean Tremblay depuis le 12 avril, on s’y concentre vraiment sur le jugement de la Cour suprême. Dans le vocabulaire utilisé, on dénote notamment les termes prayer, court et ruling, associés avec l’édile de Saguenay.

Mgr Turcotte
Par ailleurs, le décès de Mgr Jean-Claude Turcotte, un autre personnage médiatique bien connu, a ébranlé la grande famille catholique.

Outre la quantité d’articles couvrant le décès de Mgr Turcotte, c’est la qualité de ceux-ci qui est intéressante. Ainsi, on a publié dans le journal ABC de Madrid un article relatant les grandes étapes de la vie de Mgr Turcotte, alors que le fameux New York Times lui consacrait un reportage.

Le Canada reste toutefois le pays qui s’est le plus intéressé à la question, ayant publié un peu plus de 80% des articles portant sur la vie et la mort du cardinal montréalais.

Ces deux sujets marquent donc des jours difficiles pour l’Église catholique au Québec. L’un vient clore le débat sur la place de la prière dans l’espace public; l’autre aura rassemblé pratiquants, non-pratiquants et même non-croyants autour du travail de celui qui a été l’archevêque de Montréal pendant plus de 20 ans et qui a donné aux croyants un nouvel élu à qui adresser leurs prières.

Ton de la couverture
Sans entrer dans une analyse en profondeur, le ton journalistique employé pour décrire des événements exceptionnels (l’extraordinaire démission du pape Benoît en février 2013, le processus d’élection d’un nouveau pape, les grandes célébrations chrétiennes comme Pâques et Noël ou encore le rite de canonisation de certains fidèles pour en faire des saints) est habituellement neutre.

Mais depuis quelques années, le ton utilisé pour parler de la religion, que ce soit par rapport aux guerres ou aux conflits religieux, aux poursuites et aux procès liés à la pédophilie de certains membres du clergé ou à la maltraitance des orphelins par des communautés religieuses qui en avaient la garde, est plutôt négatif.

Dans ce contexte, la couverture médiatique positive, voire très positive, qu’a reçue parcours de Mgr Turcotte est quasi «miraculeuse» pour un événement relié à cette thématique.

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