Sean Kilpatrick Stephen Harper. Sean Kilpatrick / La Presse Canadienne

CHICAGO – Le premier ministre Stephen Harper a affirmé lundi qu’il n’y aura plus de militaires canadiens en Afghanistan après mars 2014.

Il a toutefois indiqué, alors que le sommet de l’OTAN se terminait à Chicago, que le Canada continuerait à soutenir financièrement l’armée afghane grâce à une aide de 110 millions $ par an, et ce, pour les trois prochaines années.

La contribution du Canada est généreuse et elle constitue un encouragement pour les autres nations à emboîter le pas, selon le premier ministre. L’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Australie ont par ailleurs déjà annoncé leurs contributions respectives.

Quant à la date de retrait des soldats canadiens, elle est définitive et sans appel, a insisté Stephen Harper.

«Le temps est venu (de quitter l’Afghanistan)», a déclaré M. Harper.

Les propos du premier ministre Harper surviennent alors que l’OTAN et ses États membres ont déclaré, à nouveau, être à la veille d’un départ après ce long et coûteux conflit en Afghanistan. Plus de 3000 soldats étrangers y ont péri, dont 158 Canadiens, sans compter les milliers d’Afghans.

L’OTAN s’en tiendra, pour l’essentiel, à son plan élaboré en 2010: les forces de sécurité afghanes prendront ainsi le relais et contrôleront tous les efforts de combat d’ici 2013, permettant ainsi à l’alliance de l’Atlantique Nord de jouer un rôle de soutien jusqu’en 2014.

Les estimations prévoient que l’Afghanistan devra débourser 4,1 milliards $ par an pour faire fonctionner ses forces de sécurité une fois que la coalition dirigée par l’OTAN se retirera en 2014.

Certains espéraient que le Canada envisage la possibilité de maintenir des effectifs sur place après 2014 pour continuer à contribuer à la formation de l’armée afghane. Mais le premier ministre Harper a confirmé que la date limite serait maintenue.

Il a dit qu’il ne s’agissait pas là d’un abandon de l’Afghanistan, mais plutôt d’un transfert de responsabilités aux Afghans.

M. Harper a fait ces déclarations lors de la deuxième et dernière journée du sommet de l’OTAN, à Chicago.

Les pressions politiques et économiques se sont avérés des obstacles majeurs à une prolongation de la mission pour plusieurs États membres de l’OTAN, après plus d’une décennie de conflit.

Les regards sont particulièrement tournés vers le président Barack Obama, à l’heure où ce dernier sollicite un second mandat à la Maison-Blanche. L’électorat américain est désormais largement défavorable à cette guerre.

Les Forces armées canadiennes ont déployé 950 soldats en Afghanistan pour la mission d’entraînement. Les militaires avaient été assignés à cette tâche après la fin des missions canadiennes de combat, en 2011.

Le retrait des troupes devait par ailleurs sonner la fin de la participation canadienne au conflit, mais le premier ministre Harper avait fait savoir en milieu d’année, en 2010, que des effectifs demeureraient sur le terrain pour des fins d’entraînement des forces de sécurité afghanes.

Aux Communes, l’opposition officielle a accueilli avec un certain scepticisme la promesse de M. Harper.

«Nous sommes favorables à cette décision puisque nous l’avions demandé. Et nous espérons que contrairement à ce qu’il avait fait en 2011, il (le premier ministre)va s’en tenir à sa décision», a souligné le néo-démocrate Jack Harris.

Aussi dans National :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!