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MONTRÉAL – Le projet d’oléoduc Énergie Est est tout à fait envisageable même avec un seul terminal pétrolier situé au Nouveau-Brunswick, estime TransCanada, qui garde toutefois espoir de trouver un autre site au Québec afin d’en construire un.

Son président et chef de la direction, Russ Girling, a indiqué vendredi que le scénario d’un seul terminal au Nouveau-Brunswick représenterait un «dénouement acceptable» pour l’entreprise, ajoutant qu’elle serait quand même capable de répondre aux besoins de ses clients.

«Je crois que la réponse est absolument, oui, a-t-il affirmé, à Calgary, en marge de l’assemblée annuelle des actionnaires de l’entreprise. Cette configuration pourrait faire sens.»

Même avec un seul terminal, M. Girling a estimé que TransCanada (TSX:TRP) serait capable d’approvisionner à la fois les raffineries de Montréal et de Lévis tout en acheminant du pétrole au port prévu à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick.

En conférence de presse, il a toutefois rappelé que l’entreprise continuait d’évaluer d’autres sites au Québec afin d’y construire un port pétrolier.

«Nous continuons à évaluer plusieurs sites, a-t-il dit. Il n’y a pas vraiment de mise à jour (dans ce dossier). Nous analysons divers scénarios avec nos clients.»

Après des mois de spéculations, TransCanada avait confirmé, le 2 avril dernier, l’abandon de son projet de terminal maritime à Cacouna, dans le Bas-Saint-Laurent, principalement en raison de la présence de bélugas, une espèce en voie d’extinction.

Initialement prévue pour la fin de 2018, la mise en service de l’oléoduc avait également été repoussée à 2020. Avant d’arrêter son choix sur Cacouna, TransCanada aurait également envisagé les sites de Bécancour, Lévis ainsi que Baie-des-Sables afin d’accueillir un éventuel terminal maritime.

Le tracé initial d’Énergie Est prévoyait le transport quotidien d’environ 1,1 million de barils de pétrole des sables bitumineux albertains à travers un oléoduc de quelque 4600 kilomètres vers le Québec et le Nouveau-Brunswick.

S’il a dit comprendre que de nombreux Québécois aimeraient une décision rapide dans ce dossier, M. Girling a rappelé que la société désirait avoir en sa possession «toutes les informations» avant de trancher.

«Malheureusement, des fois, cela prend plus de temps que certains ne le voudraient, a analysé le dirigeant de TransCanada. Entre-temps, nous sommes en train de traduire l’ensemble de notre application (déposée devant l’Office de l’énergie).»

La démarche de TransCanada avait été critiquée par plusieurs après l’abandon du projet de construction d’un port à Cacouna, le ministre des Ressources naturelles, Pierre Arcand, qualifiant notamment le projet de «mal ficelé».

Questionné par les journalistes, le patron de TransCanada a concédé que les récents développements pourraient faire grimper les coûts du projet, actuellement estimés à 12 milliards $, dépendamment les décisions qui seront prises dans le futur.

«Cela dépend de l’endroit où sera le terminal (au Québec) et s’il y en a un, a précisé M. Girling. Comme tous les projets majeurs, il y a de la pression sur les coûts. La modification du tracé ainsi que (les dépenses en) ingénierie, cela coûte cher.»

Malgré tout, le projet Énergie Est demeure une priorité pour la société albertaine, a dit le président et chef de la direction.

«Il n’y a rien en ce qui a trait à la hausse des coûts qui pourrait rendre ce projet moins rentable», a précisé M. Girling.

TransCanada a également profité de son assemblée annuelle pour dévoiler ses résultats du premier trimestre, qui, malgré la déprime des prix du pétrole, ont répondu aux attentes des analystes.

En excluant les éléments non récurrents, son bénéfice ajusté s’est établi à 465 millions $, ou 66 cents par action, en progression de 10,2 pour cent comparativement à 422 millions $, ou 60 cents par action, à la même période en 2014.

Les analystes sondés par Thomson Reuters tablaient sur un bénéfice ajusté par action de 66 cents.

Toutefois, le profit net de l’entreprise albertaine a affiché un recul de six pour cent, passant de 412 millions $, ou 58 cents par action, à 387 millions $, ou 55 cents par action. Ses recettes ont également glissé de 0,3 pour cent, à 2,87 milliards $.

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