Jacques Boissinot / La Presse Canadienne Philippe Couillard

QUÉBEC – Québec veut nouer des alliances et collaborer avec le nouveau gouvernement néo-démocrate albertain, a assuré le premier ministre Philippe Couillard, mercredi.

Il a tenu à saluer l’élection d’un gouvernement majoritaire du Nouveau Parti démocratique (NPD), qui a mis fin mardi à un règne de 43 ans du Parti progressiste-conservateur. Toutefois, le décalage horaire n’avait pas encore permis à M. Couillard de communiquer avec son homologue élue de l’Alberta, Rachel Notley.

Selon le premier ministre, des changements d’orientation sont à prévoir en Alberta, d’autant plus que la province fait face à un défi budgétaire considérable, notamment après la baisse des prix du pétrole.

«Parce que l’Alberta et le Canada sont des producteurs de pétrole importants, ils devraient être très actifs dans le domaine des changements climatiques», a-t-il également ajouté.

Le ministre de l’Environnement, David Heurtel, a d’ailleurs salué l’esprit de collaboration et de dialogue dont a fait part Mme Notley dans son discours de victoire. Il a également affirmé entrevoir avec optimisme les prochaines étapes du dialogue sur la question de la réduction des gaz à effet de serre.

Le NPD a fait élire 54 députés avec 40,5 pour cent des suffrages. Le chef conservateur et premier ministre sortant, Jim Prentice, a préféré démissionner sur le champ et quitter la vie politique, malgré une victoire dans sa circonscription.

Avant le déclenchement des élections, son parti formait un gouvernement majoritaire, avec 70 députés élus. Il est désormais passé à dix, formant ainsi la deuxième opposition, derrière le Wildrose.

Pour sa part, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a affirmé ne pas considérer cette élection comme un «virage à gauche» de la province, mais plutôt comme un «vote antigouvernement».

«Je pense que c’est un signal qui est envoyé à tous les gouvernements, qu’il ne faut jamais tenir le peuple pour acquis», a-t-il déclaré.

M. Legault a également soutenu avoir certaines «inquiétudes» quant à l’élection d’un parti de gauche dans cette province.

«Habituellement, les partis de gauche sont un peu plus protectionnistes, a-t-il confié. Est-ce que le NPD va accepter que l’Alberta, indirectement, continue d’envoyer 9,5 milliards $ en péréquation au Québec, plutôt que d’aider à investir dans les programmes sociaux et le fardeau fiscal des Albertains?»

Cependant, pour Québec solidaire, l’élection du NPD avec une femme à sa tête est une bonne nouvelle pour le Québec.

«Si la population albertaine peut opérer un tel changement, c’est-à-dire d’élire un gouvernement bien plus progressiste que tout ce qu’elle avait avant, pourquoi on ne pourrait pas le faire au Québec?»

À un mois des élections complémentaires dans les circonscriptions de Chauveau et de Jean-Talon, le parti espère ainsi prouver à la population qu’un changement, aussi improbable peut-il sembler être, est toujours possible.

Selon le député de Saint-Jérôme et candidat à la direction du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, une partie des Albertains a sans doute été charmée par la promesse du NPD de revoir les redevances que doivent payer les entreprises oeuvrant dans l’exploitation des ressources pétrolières.

«C’est une ressource qui appartient à la collectivité», a-t-il affirmé.

Le NPD a également promis d’augmenter de 2 pour cent l’impôt des grandes entreprises.

Questionné à savoir si l’appui massif qu’a reçu le NPD en Alberta envoyait un message au Québec, Philippe Couillard a spécifié que la situation économique des deux provinces ne pouvait être comparée.

«On veut alléger le fardeau fiscal des entreprises, mais surtout des petites entreprises, a-t-il affirmé. (…) Pour le Québec, c’est une bonne orientation, mais encore une fois, ce qui fonctionne au Québec ne s’applique pas nécessairement en Alberta, et vice versa.»

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