The Canadian Press Rachel Notley a été élue première ministre de l’Alberta, mardi.

La population de l’Alberta en a étonné plus d’un mardi en portant au pouvoir les néo-démocrates de Rachel Notley, mettant ainsi fin à 44 ans de règne conservateur. Analyse du phénomène et de ses implications en compagnie de Julián Castro-Rea, professeur de sciences politiques à l’Université de l’Alberta.

Comment le Nouveau parti démocratique (NPD) de l’Alberta se positionne-t-il par rapport au Parti progressiste-conservateur de Jim Prentice et au NPD de Thomas Mulcair?
Les conservateurs ont une vision économique selon laquelle le marché doit s’autoréguler, les entreprises privées devant avoir le plus de liberté possible pour accroitre leur profit.  Les néo-démocrates albertains, un parti de gauche modéré, misent plutôt sur la capacité du gouvernement de coordonner les activités économiques pour qu’elles profitent au maximum de gens possible. D’un autre côté, étant forcés de s’adapter aux particularités de la structure sociologique et culturelle de l’Alberta, ils sont moins axés sur l’intervention de l’État que les néo-démocrates fédéraux.

Qu’est-ce que qui explique le changement d’allégeance des Albertains?
La population de la province change en raison de la migration de gens de partout au Canada, amenant avec eux des nouvelles approches. C’est aussi une des populations les plus jeunes au Canada, puisque l’âge médian est 36 ans. Une grande partie des Albertains n’étaient même pas nés quand les conservateurs ont pris le pouvoir. Ils ne comprennent pas pourquoi un parti devrait s’y éterniser, encore moins si la province est mal gérée. Ce qui a déclenché le mécontentement, c’est le dernier budget de Jim Prentice, qui coupait dans les services en santé et en éducation, en plus d’augmenter certaines taxes et d’être déficitaire. Tout le monde payait à part les grandes compagnies, ce qui a suscité du mécontentement.

Est-ce qu’on peut s’attendre à des changements importants en Alberta durant le mandat du NPD?
Oui. Le NPD devrait mettre davantage à contribution les individus et les compagnies les plus riches et investir davantage en éducation et en santé. Il devrait aussi demander plus d’efforts des entreprises pour la protection de l’environnement. Ils vont aussi vouloir renégocier l’entente qui lie les gouvernements fédéral et provinciaux et aux entreprises pétrolières, pour accorder moins de liberté à ces entreprises.

Est-ce que les troupes de Thomas Mulcair ont raison d’être aussi enthousiastes et celles de Stephen Harper de s’inquiéter pour les prochaines élections fédérales?
Le fait qu’une des provinces les plus prospères ait décidé d’élire le NPD est une bonne nouvelle pour M. Mulcair, parce que ça peut rassurer les électeurs partout au pays à l’effet que ce n’est pas un parti radical et dangereux pour l’économie. Par contre, un engouement pour le NPD pourrait diviser le vote progressiste et avantager les conservateurs.

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