QUÉBEC – La décision de Rio Tinto de rayer le nom Alcan de son identité corporative ne regarde pas le gouvernement, ont affirmé mardi des ministres libéraux.

La société anglo-australienne a fait savoir que le nom d’Alcan disparaîtra graduellement de ses enseignes pour ne conserver que l’appellation Rio Tinto, jugée plus «globale». Fondé en 1902, le géant canadien de l’aluminium Alcan est passé sous le contrôle de Rio Tinto en 2007 au moment où il faisait l’objet d’une offre publique d’achat hostile de sa rivale américaine Alcoa.

Il était entendu à l’époque que la nouvelle compagnie serait appelée Rio Tinto Alcan, question de conserver une appellation familière et fortement associée au développement économique du Québec, plus particulièrement celui du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Rio Tinto Alcan s’engageait aussi à maintenir son siège social à Montréal.

Le choix de Rio Tinto de se débarrasser du nom Alcan ne regarde que les actionnaires de la compagnie, a fait comprendre le ministre des Ressources naturelles, Pierre Arcand, en point de presse en marge d’une réunion du caucus libéral.

«Évidemment, c’est une décision qui appartient à la compagnie. Il est clair qu’il y a un attachement (pour le nom Alcan) qui est manifeste de la part des gens du Lac-Saint-Jean, alors si la compagnie veut ça, il n’y a pas grand-chose que le gouvernement peut faire. C’est un modèle d’affaires, c’est un nom corporatif qui lui appartient», a-t-il dit.

Son collègue ministre de l’Économie, Jacques Daoust, a fait le même constat.

«Du côté du nom de l’entreprise, vous savez, je ne pense pas que ce soit à nous de se mêler de ça. Si le gouvernement commençait à se mêler de changer le nom des entreprises, il y en a beaucoup qui changeraient, a dit le ministre. C’est le choix de l’entreprise, je ne joue pas dans ce film-là.»

M. Daoust se montre cependant préoccupé par l’abolition prochaine de postes au siège social de Montréal. Des médias rapportent que les pertes pourraient osciller entre 110 et 170 emplois.

Pour cela, il a demandé au ministère de l’Économie de vérifier si la convention de continuité intervenue entre Alcan et le gouvernement du Québec en 2006 _ concernant les obligations d’un éventuel acquéreur _ est respectée.

La convention stipulait entre autres que le siège social de la nouvelle société serait situé à Montréal et que le niveau d’emplois au Québec serait maintenu en conformité avec les engagements et plans d’Alcan alors en vigueur.

«Il est évident que si Rio Tinto Alcan ne respecte pas les ententes de continuité, on va s’assurer qu’elles soient respectées, mais à ce jour, ils ont habituellement été des citoyens corporatifs corrects. Alors on ne les présumera pas coupable», a souligné M. Daoust.

Il restera entre 600 et 700 emplois au siège social montréalais de Rio Tinto Alcan après la série de mises à pied appréhendée. Il en comptait 860 au moment de la vente en 2007.

«C’est un recul qui se poursuit, a dénoncé le chef intérimaire du Parti québécois, Stéphane Bédard. En 2007, le gouvernement libéral a laissé vendre Alcan et on voit les résultats. On a perdu ce fleuron, on a perdu les leviers de décisions et maintenant on perd le nom et les emplois qui viennent avec. En plus, on n’a pas les investissements qui étaient promis pour la technologie.»

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