Adrian Wyld Adrian Wyld / La Presse Canadienne

OTTAWA – Les militaires canadiens n’ont rien à se reprocher dans les événements qui ont conduit à la mort du sergent Andrew Doiron il y a deux mois, en Irak, selon l’enquête menée par les Forces canadiennes.

C’était un accident, «un tragique cas d’erreur sur la personne et d’une rupture des communications dans des circonstances caractérisées par la tension, la fatigue et la confusion», a conclu l’enquête.

Au cours d’un point de presse à Ottawa, mardi, le brigadier général Michael Rouleau, commandant des Forces d’opérations spéciales du Canada, a donné la version des faits établie par les militaires canadiens.

Le sergent Doiron et ses soldats ont fait tout ce qu’il y avait à faire, selon le brigadier général. Ils ont averti les Kurdes de leur visite. Ils sont passés en plein jour au poste tenu par les Kurdes. Mais quand ils y sont retournés de nuit, comme prévu, les combattants kurdes avaient été remplacés par d’autres qui ont pris les militaires canadiens pour des ennemis.

Les militaires canadiens estiment que l’accident s’explique par le haut niveau de tension, les Kurdes ayant été attaqués la veille et s’attendant à l’être à nouveau.

«Par conséquent, il est raisonnable de croire qu’ils auraient perçu tout mouvement, peu importe lequel, comme étant susceptible de les mettre en danger», est-il écrit dans un résumé.

M. Doiron et sa patrouille ont utilisé les procédures acceptées pour s’identifier, et elles avaient été pratiquées avec les forces kurdes, mais cela aurait été compliqué par la noirceur.

«L’on doit noter que la complexité d’effectuer une liaison avec d’autres forces au cours de la nuit est une tâche compliquée en raison de la difficulté à identifier correctement et de distinguer visuellement des alliés quand il y a peu de lumière, comme c’était le cas cette nuit-là», a-t-il indiqué.

Le sergent Doiron, un natif de Moncton au Nouveau-Brunswick, est tombé sous les balles des alliés kurdes le 6 mars dernier. Il est le premier soldat canadien à perdre la vie dans le cadre de l’effort militaire du Canada en Irak, qui a débuté l’automne dernier.

Trois autres soldats canadiens ont également été blessés au même moment lors de cette patrouille.

Les combattants kurdes ont d’abord dit que les Canadiens étaient responsables de l’erreur tragique.

Une soixantaine de militaires canadiens sont en Irak pour conseiller les troupes irakiennes et les combattants kurdes aux prises avec le groupe armé État islamique. La méprise qui a coûté la vie au sergent Doiron s’est produite dans le nord de l’Irak, à l’ouest d’Erbil.

M. Rouleau a dit que les militaires allaient faire certains changements dans leur façon de procéder en Irak, mais que les changements n’auront pas d’impact majeur sur les opérations. Notamment, les Canadiens qui se déplaceront après la tombée de la nuit devront être accompagnés par un soldat kurde pour pallier le problème de langage.

Le ministre de la Défense, Jason Kenney, a affirmé dans un communiqué que le gouvernement allait faire tout son possible pour diminuer les risques de décès accidentels dans les Forces, comme celui du sergent Doiron.

«En exerçant leur devoir, les membres des Forces armées canadiennes font face à certains risques à leur sécurité. Le ministère de la Défense nationale et les Forces armées canadiennes ont le devoir de s’assurer que ce risque est minimisé. Étant donné les conclusions de ces rapports, les Forces armées canadiennes ont mis en œuvre des protocoles supplémentaires pour atténuer les risques aux membres des FAC qui travaillent dans de tels milieux», poursuit-il.

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