GATINEAU, Qc – Le Nouveau Parti démocratique (NPD) rétablirait l’aide internationale réservée pour l’avortement et la planification des naissances dans le cadre de l’initiative du gouvernement Harper sur la santé des mères, des nouveaux-nés et des enfants.

Le chef Thomas Mulcair a annoncé cet engagement, mardi, à Gatineau, dans un discours dévoilant quelques éléments de la plateforme du NPD en matière d’affaires étrangères.

L’enjeu de la santé des mères et de leurs enfants à l’étranger est une priorité pour le premier ministre Stephen Harper, qui a promis de verser plus de 6 milliards $ entre 2010 et 2020.

Or, ce programme a suscité plusieurs critiques, notamment de la revue médicale The Lancet, parce que les montants ne sont pas destinés aux projets qui incluent l’avortement.

M. Mulcair s’est engagé à annuler cette disposition et à permettre le versement de fonds à la planification familiale, à la santé sexuelle et reproductive et aux services d’accès à l’avortement.

Le chef néo-démocrate a aussi souligné que son gouvernement atteindrait l’objectif des Nations unies visant à réserver 0,7 pour cent du Produit intérieur brut (PIB) à l’aide internationale.

«Il y a bien d’autres secteurs de la coopération internationale pour le développement où les néo-démocrates pensent que le Canada peut faire mieux; la santé, l’éducation, l’avenir des jeunes, la sécurité alimentaire et l’aide humanitaire. Notre gouvernement développera une stratégie progressiste et à long terme en matière de coopération internationale pour le développement», a déclaré le chef dans son discours à l’occasion des Journées de la coopération internationale.

Selon la plus récente étude de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le niveau des montants alloués à l’aide internationale au Canada est à son plus bas depuis des décennies. En 2014, le pays n’a dépensé que 0,24 pour cent de son PIB — bien en-deçà de la cible onusienne. En 2010-2011, l’aide internationale canadienne représentait 0,34 pour cent du PIB.

En comparaison, le Royaume-Uni a atteint la cible de 0,7 pour cent dans les deux dernières années.

Le Canada, lui, n’a jamais réussi à y arriver. Son niveau le plus élevé a été enregistré dans les années 1970, sous un gouvernement libéral de Pierre Elliott Trudeau, alors qu’il avait dépassé 0,5 pour cent.

Stephen Brown, un expert en aide internationale de l’Université d’Ottawa, a soutenu que le Canada devrait dépenser 13,9 milliards $ par année pour arriver à cet objectif — ce qui est réaliste, selon lui.

«La seule chose qui empêche le gouvernement canadien d’atteindre cette cible de 0,7 pour cent, c’est la volonté politique. Le gouvernement britannique conservateur est arrivé à ce niveau l’année dernière malgré une situation fiscale bien pire qu’au Canada», a-t-il analysé.

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